mercredi 11 mai 2016

Parution ouvrage Pierre Douillard L'Arme à l'oeil. Violences d'Etat et militarisation de la police

Vous trouverez ci-joint la présentation de l'ouvrage de Pierre Douillard, L'ARME A L'OEIL. VIOLENCES D'ÉTAT ET MILITARISATION DE LA POLICE qui sera disponible en librairie à partir du 13 mai.
Cet ouvrage prend toute sa dimension dans le contexte actuel de répression violente du mouvement de lutte contre la loi travail et son monde.

Collectif Illusio

L'ARME A L'ŒIL. VIOLENCES D'ÉTAT ET MILITARISATION DE LA POLICE

Automne 2014, un manifestant est tué par une grenade lancée par un gendarme à Sivens. L'armement de la police fait, pour la première fois, la une de l'actualité. Loin de susciter
des réactions à la hauteur, ce drame est l'occasion pour le pouvoir de renforcer ses stratégies de maintien de l'ordre en faisant interdire et réprimer implacablement les mobilisations qui suivent.
La mort de Rémi Fraisse n'est ni une « bavure », ni un accident. Elle est le pro- duit d'une logique structurelle, qui s'inscrit dans un processus d'impunité généralisée et de militarisation de la police en germe depuis deux décennies.
Sur fond d'hégémonie culturelle des idées sécuritaires, la police française se dote de nouvelles armes sous l'impulsion des gouvernements successifs : taser, grenades, flashballs, LBD. On tire à nouveau sur la foule. D'abord expérimentées dans les quartiers périphériques, puis contre les mobilisations incontrôlables, les armes de la police s'imposent aujourd'hui potentiellement contre tous. « En blesser un pour en terroriser mille », telle est la doctrine des armes de la police.
Cet essai passe en revue l'armement de la police pour comprendre ce que les armes disent de notre temps, quelles sont les logiques politiques qu'elles suggèrent, au-delà des spécificités françaises d'un maintien de l'ordre présenté comme irréprochable.


Pierre Douillard-Lefevre est blessé au visage lors d'une manifesta- tion, par le tir d'une nouvelle arme de la police : les Lanceurs de Balles de Défense. Nous sommes en 2007, il a 16 ans. Depuis, il lutte aux côtés d'autres blessés contre la militarisation et l'impunité des forces de l'ordre. Aujourd'hui aspirant chercheur en sciences sociales, diplômé en histoire et sociologie et auteur d'un travail de recherche sur les politiques urbaines, il livre une analyse partielle et partiale du fonctionnement d'une institution toute-puissante : la police.
Il a également contribué en tant que dessinateur à une Bande Dessinée collective, Les Désobéisseurs, Vide Cocagne, 2013.



samedi 6 février 2016

Semaine résistances Nantes, 15 au 21 février 2016

Du 15 au 21 février 2016

Résistances aux états d'urgence !

À partir du lundi 15 février, chaque soir à Nantes, dans des lieux différents, débats, atelier théâtre, projections... On parlera des Zad, des Kurdes, du Mexique, de l'état d'urgence... Et le week-end sera actif et festif.





mardi 22 septembre 2015

31 octobre marche pour la dignité


Soutenez la marche de la Dignité ! Faisons de cet événement un moment historique !

https://www.leetchi.com/c/projets-de-marche-de-la-dignite

 

Marche de la Dignité 31 octobre 2015: l'appel
Avec le soutien d'Angela Davis

http://www.urgence-notre-police-assassine.fr/


En octobre 2005, les jeunes vies de deux clichois étaient fauchées en Seine-Saint-Denis –
une tragédie mettant en cause des fonctionnaires de police. Depuis, la stratégie de l'État
français, loin de chercher à châtier les coupables, consiste uniquement à fuir ses
responsabilités. Comme il l'a fait dans des dizaines de crimes policiers depuis des
décennies.


Ce même mois d'octobre 2005, en réponse à leur mort, un vent de colère secoua toutes
les banlieues de France pendant des semaines. Les interprétations les plus courantes de
ces émeutes incriminèrent à juste titre la déshérence des quartiers, les conditions sociales
lamentables, le chômage, la vie dure : une véritable guerre sociale faite aux pauvres. Mais
elles ne dirent pas assez combien au coeur de cette révolte figurait, forte, l'exigence de
respect : la dénonciation du mépris avec lequel avait été traitée la mort de ces deux
adolescents et à travers leur cas, la dénonciation du mépris souverain dans lequel sont
tenus les habitants des quartiers, leur attachement à la dignité collective.


Vingt ans plus tôt, ce sont déjà d'autres violences policières qui poussèrent des jeunes
issus de l'immigration postcoloniale à mener, à travers la France, la Marche de 1983, la
fameuse Marche pour l'égalité. Égalité sociale, bien sûr, mais aussi égalité de
considération. Les jeunes disaient « Nous ne sommes pas du gibier à flics, nous sommes
des êtres humains ! » L'État se devait de la briser. Il mit alors tout en oeuvre pour saboter
cette auto-organisation en médiatisant à outrance certaines officines pseudo-antiracistes.
Celles-ci s'employèrent, de tous leurs moyens financiers, à étouffer la Marche pour
l'égalité sous les milliers de décibels des concerts gratuits et de leur antiracisme de
pacotille.


Aujourd'hui, comme il y a 30 ans, comme il y a 10 ans, loin d'avoir renoncé à ses
agissements passés, l'État français ne sait que renforcer tous ses dispositifs de
surveillance et de répression. En plus des conditions sociales toujours plus déplorables, le
harcèlement des populations des quartiers, leur humiliation, constituent le quotidien pour
les Noirs, les Arabes, les Rroms, et les Blancs des quartiers. Dans ce paysage dévasté, le
crime policier n'est jamais fortuit. Il est l'aboutissement de toute la logique d'un État qui
n'a pour nous que désintérêt et mépris.


Le crime policier est l'expression achevée du racisme d'État. C'est celui-ci qui
conditionne des fonctionnaires puissamment armés à passer à l'acte, c'est lui qui les
dispense de réfléchir au moment tragique, qui leur donne le temps de se saisir de leur
arme, d'ajuster et de tirer à mort ou d'écraser la poitrine et la gorge de leur proie sous la
clef d'étranglement. Le message implicite que délivre le crime policier est simple : « Non
seulement vous n'êtes pas des êtres humains comme les autres mais, avec vous, nous
pouvons aller jusqu'à la mise à mort et les meurtriers sont assurés de l'impunité ». À ce
jour, rarissimes sont les procès ayant abouti en faveur des victimes. Le crime policier
n'est jamais un homicide involontaire, il n'est jamais gratuit, il est là pour répandre la
consternation, la désolation dans les coeurs et les esprits des familles endeuillées, pour
nous faire renoncer à être traités comme des êtres humains. Il n'épargnera personne, il
est là pour nous terroriser.


C'est pourquoi comme il y a 30 ans, comme il y a 10 ans, contre l'humiliation quotidienne,
contre le mépris, contre l'islamophobie, la négrophobie, la rromophobie, galopantes,
contre les crimes policiers, s'impose une nouvelle marche : la Marche de la dignité. Notre
réaction puissante, organisée, confiante est la seule façon d'enrayer notre écrasement
collectif annoncé.


C'est à cette grande Marche de la Dignité que nous vous convions le 31 octobre
prochain.


Amal Bentounsi, le 8 mai 2015, à Saint-Denis au nom du MAFED, collectif de la Marche des Femmes pour la Dignité composé de :
Sihame ASSBAGUE – Rania AYOUB - Rachida AZIZ – Paola BACCHETTA – BAMS – Noria
BELGHERRI – Anissa BENAISSA – Leila BENDERRA – Hind BEN FARES – Feiza BEN
MOHAMED – Amal BENTOUNSI – Wiam BERHOUMA – Nargesse BIBIMOUNE - Karima
BOUACHE – Houria BOUTELDJA – Nora BOURAZZI – Sarah CARMONA – CASEY – Samia
CHALA – Imen CHATTEUR - Ismahane CHOUDER – Gerty DAMBURY – Inès DE LUNA –
Rokhaya DIALLO – Éva DOUMBIA – Soraya EL KAHLAOUI – Fanny ESSIYE - Mireille FANON
MENDÈS-FRANCE – Nawel GAFSIA – Tauana Olivia GOMES-SILVA – Zeineb GUEDIONNI -
Nacira GUÉNIF-SOUILAMAS – Hanane KARIMI – Mebarka KASSAM – Fethia KERKAR –
Fatima KHEMILAT – Agathe LARISSE – Stella MAGLIANI-BELKACEM – Rania MAJDOUB –
Ouafa MAMECHE – Bahiya MANSAR – Fatou MEITE – Safyia MEZIANI – Zakia MEZIANI –
Karima MONDON - Samia MOUCHARIK – Ketty NESTOR – Laetitia NONONE – Bahija
OUEZINI – Ndella PAYE - Farida RÉMILA – Zohra REZGANI – Malika SABEG – Maboula
SOUMAHORO – Hanifa TAGUELMINT – Nadia TAHHAR - Vanessa THOMPSON – Haifa TLILI
– Joby VALENTE - Françoise VERGES – Héla YOUSFI – Louisa YOUSFI - Smina ZEKRINI

 

en collaboration avec les personnalités et organisations de l'immigration et des
quartiers populaires et/ou subissant le racisme
Abyssinie – Acide (Agir contre les inégalités et les discriminations ethno-raciales) –
Algériens des Deux Rives et leurs Amis (ADRA) – Association des marcheurs de 1983 -
Association des travailleurs maghrébins de France – Association marocaine des Droits
humains, section Paris/IDF - Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux
femmes musulmanes – BDS France Paris – Brigade Anti-Négrophobie – Cases Rebelles -
Collectif Afro-Fem - Collectif Ali Ziri - Collectif Citoyens - Collectif contre Exhibit B –
Collectif des baras – Collectif des Féministes pour l'Égalité – Collectif des filles et fils
d'Africains déportés - Collectif des Musulmans de France - Collectif James Baldwin -
Collectif Stop le contrôle au faciès – Comité 15 mars et libertés – Comité de soutien des
sans-papiers 92 – Convergence Citoyenne Ivryienne – Droit à la différence - Éducation en
héritage – Espace Franco-Algérien – Espoir et Fraternité Tsigane de Franche-Comté –
Falsafa – Fédération des Musulmans du Sud – Femmes en lutte 93 – Femmes plurielles –
Femmes sans frontières – Ferguson in Paris – Fondation Frantz Fanon - Front Uni de
l'Immigration et des Quartiers Populaires – Intégration 21 – La Voix des Rroms - Les
Indivisibles – Les Peaux Cibles – Groupe LOCs (Lesbians of color) – Mamans Toutes Égales
- Mémoires en marche - Mwasi collectif - Parti des Indigènes de la République - Respaix
Conscience Musulmane – Réveil des consciences – Rez'O – Romano Godjako Truj –
Secours Palestinien – Urgence Notre Police Assassine - Zonzon 93


Houda Asal (sociologue) – Djamel Atallah (ancien marcheur) – Rabha Attaf (grand reporter) –
Eunice Barber (Championne du monde heptathlon et saut en longueur) – Baro Syntax (artiste) –
Hocine Ben (slameur) – Sabreen Bint Loula (réalisatrice, militante) – Daniel Blanchard (militant
associatif) – Jean-François Boclé (artiste) – Saïd Bouamama (sociologue) – Nadir Bouhmouch
(cinéaste et photographe) – Francis Carole (professeur d'Histoire, Martinique) – Raphael
Confiant (écrivain) – Disiz (artiste) – Kamel Djellal (président du Collectif Citoyens) – Daniel
Dobat (professeur, Martinique) – Samia Errazouki (co-éditrice de Jadaliyya) – Esperanza
Fernandez (artiste) – Joao Gabriell (militant, bloggueur) – Saddok Guitoun (président du Comité
de soutien aux sans-papiers 92) – Hamé (artiste) - Malika Hamidi (sociologue, directrice du
European Muslim Network) – Kaoutar Harchi (écrivaine, chercheuse) – Humanist Hiphopsaved
(artiste) – IAM (groupe de rap) – Amadou Ka (président des Indivisibles) – Almamy Kanouté
(militant associatif et politique) – Kiddam (artiste) – Jessica Koumé (dont l'époux, Amadou
Koumé, a été tué par la police en mars 2015) – Aissata Kouyaté (artiste) – La Rumeur – Les
Nubians (artistes) – Esse Lawson (comédienne) – Elli Medeiros (artiste) – Médine (artiste) –
Marwan Mohammed (sociologue) – Mokobé (artiste) – Tarek Mouadane (fondateur de
l'association Bleu Blanc Rouge) – Nakk (artiste) – Princess Érika (artiste) – Zahia Rahmani
(écrivain) - Ali Rahni (militant associatif) – Adel Riame (chargé de communication pour
l'ambassade de Palestine en France) – Joss Rovélas (militant associatif) – Saadane Sadgui
(fondateur des JALB, Jeunes Arabes de Lyon et sa Banlieue) – Shuck One (plasticien) – Omar
Slaouti (militant associatif) – Scred Connexion (groupe de rap) – Skalpel (artiste) – Youkoff
(artiste) – Youssoupha (artiste) – Z.E.P (artiste)

 

avec le soutien de
Action Antifasciste Paris/Banlieue (AFA) – Aquitaine Décroissance – Centre d'Études et
d'Initiatives de Solidarité Internationale (CEDETIM) – Coordination Nationale Pas Sans Nous
– Fédération des Associations de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés (FASTI) -
Femmes en Luth – Groupe d'intervention et de soutien des immigré-e-s (GISTI) – Les
désobéissants – Liste des sans-voix – Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) – Réseau pour
une gauche décoloniale – Revue Mouvements – Union Juive Française pour la Paix (UJFP) -
Ali Aissaoui (médecin) – Jean Asselmeyer (Réalisateur, Directeur du Panorama du Cinéma
Algérien Nîmes) – Clémentine Autain (directrice de Regards et élue à Sevran) – Nadia Ben
Moussa (élue FDG à Villeneuve Saint Georges) - Mohamed Ben Yakhlef (élu Ensemble/FDG à
Villeneuve Saint Georges) - Olivier Besancenot (porte-parole du NPA) – Alima Boumediene
Thiery (militante associative et politique) – Henri Braun (avocat) - Laurent Cauwet (éditeur Al
Dante) – Insaf Chebaane (élue FDG à Villeneuve Saint Georges) - Omar Cheriguene (élu FDG à
Villeneuve Saint Georges) – Monique Crinon (Sociologue et philosophe) – Christian Darceaux
(militant altermondialiste décolonial) – Sonia Dayan Herzbrun (Sociologue, professeure à
l'Université Paris VII) – Christine Delphy (sociologue, féministe) – Judith Depaule (réalisatrice) –
Virginie Despentes (écrivaine et réalisatrice) - Cédric Durand (économiste) – Éric Fassin
(sociologue) – Nanou Ferrier (enseignante, militante) – Géraldine Franck (militante égalitariste) –
Laurent Gabaroum (syndicaliste) – François Gèze (Directeur de collection à La Découverte) –
Imen Guedda (élue FDG à Villeneuve Saint Georges) – Anouk Guiné (Groupe de Recherche
Identités et Cultures, Université du Havre) Éric Hazan (éditeur) – Imhotep (artiste, IAM) –
Matthieu Kassovitz (acteur, réalisateur) – Stéphane Lavignotte (pasteur) – Raphaël Liogier
(Professeur des universités, IEP d'Aix-en-Provence, Collège international de philosophie) – Nicola
Lo Calzo (photographe) – Frédéric Lordon (philosophe, directeur de recherche au CNRS) – Akli
Mellouli (élu) – Morgane Merteuil (féministe) – China Miéville (écrivain) – Ilham Moustachir
(conseillère municipale de Gonesse, vice-présidente de la communauté d'agglomération du Val
de France) – Bernard Noël (écrivain) - Océane Rose Marie (comédienne, auteure) – Olivier
Neveux (professeur d'études théâtrales) – Alexandre Piettre (sociologue) – Julien Salingue
(docteur en science politique) – Catherine Samary (économiste altermondialiste) – Michèle
Sibony (professeure, militante UFJP) – Patrick Simon (démographe) – Odile Schwertz-Favrat
(militante associative) - Karima Souid (Constituante franco-tunisienne, directrice de projet) –
Antoine Volodine (écrivain)

 

et à l'international
Association Genre et Migration (Belgique) – Bruxelles Panthères (Belgique) – Azira's way
(Belgique) – Fight Racism Fight Imperialism (Royaume-Uni) - Center for Constitutional Rights
(USA) – Ontario Coalition Against Poverty (Canada) - Salvage (Royaume-Uni) – Planners
Network (Canada) – Institute for Critical Social Analysis at Rosa Luxemburg Stiftung
(Allemagne) - Jacobin (magazine, USA) - Abolitionist Law Center (USA) - Community Justice
Project (USA) - Democratic Socialism (membre de United Left coalition -Slovénie) – Muslim
Identities and Cultures, University of California (Berkeley - USA) - Trayvon Martin Organizing
Committee (USA) - Action Against Black Genocide (USA) - Red Thread (Guyana) – Planners
Network International (Canada) - No One Is Illegal Toronto (Canada) – Toronto New
Socialists (Canada) - Socialist project Toronto (Canada) - Aoki Center for the Critical Study
of Race and Nation (UC Davis School of Law - USA) - US Campaign for the Academic and
Cultural Boycott of Israel (USA) - Faculty For Palestine (Canada), Caribbean Philosophical
Association (International) - Network for Police Monitoring (Royaume-Uni) - ATTAC/CADTM
(Maroc) - Social Text (review - USA) - Human Rights Network (USA) – HDK (Halkların
Demokratik Kongresi/Congrès démocratique des peuples, Turquie) – GIRA, groupe d'études
féministes et politiques (Université de Bahia, Brésil) – Decoloniality Europe (Pays-Bas) – The
Black Dissidents (Royaume-Uni)

 

Angela Davis (activiste américaine, professeure de philosophie) – Aminata Traoré (ancienne
ministre de la Culture du Mali, écrivaine) – Tariq Ramadan (professeur d'études islamiques à
Oxford) – Asma Lamrabet (directrice du centre d'études féminines en Islam, Maroc) – Marie
Nassif-Debs (professeur à l'Université libanaise, présidente de l'association "Egalité-Wardah
Boutros pour les Droits de la Femme") – Omar Radi (journaliste, Maroc) – Vince Warren
(executive director, Center for Constitutional rights) – Gay J McDougall (Leitner Center for
International Law and Justice) - Ramon Grosfoguel (professeur à l'Université de Berkeley)
Monica Adams (Freedom Inc.) – Nouria Ouali (professeur, ULB - Belgique) – Sunaina Maira
(Professor, University of California Davis, USA) – Rabab Abdulhadi (Professeur, Director AMED,
San Francisco State University, USA) – Zillah Eisenstein (ecrivaine, militante, professeur, USA) –
Nelson Maldonaro-Torres (professeur, ancien président de Caribbean Philosophical Association
-USA) – Howard Winant (Professeur, Directeur UC Center for New Racial Studies, Santa Barbara
-USA) – Minoo Moallem (professeur, University of California, Berkeley -USA) – Fatima El-Tayeb
(Professeur, Director Critical Gender Studies, University of California, San Diego, USA) – Jin
Haritaworn (Professeur, York University, USA) – Cei Bell (écrivain et artiste, USA) – Neferti
Tadiar (professeur, Barnard College, USA) – Nivedita Menon (Professeur, Jawaharlal Nehru
University, Inde) – Zulema Valdez (professeur, University of Calfornia, Merced, USA) – Kehaulani
Kauanui (Professeur, Wesleyan University Middletown, USA) – Jacqueline Nassy Brown
(Professeur, Hunter College and The Graduate Center, USA) – Norma Cantú (professeur, Latino/a
Studies, University of Missouri, Kansas City, USA) – Roshanak Kheshti (Professeur, Ethnic
Studies, University of California, San Diego, USA) – Sangeeta Ray (Professeur, University of
Maryland College Park, USA) – Dina Siddiqi (Professeur, Brac University, Bangladesh) – Piya
Chatterjee (Professeur, Chair Dpt. Feminist, Gender and Sexuality Studies, Scripps College -
USA) – Sirma Bilge (Professeur, Universite de Montreal, Canada) – Sharad Chari (professeur,
University of the Witwatersrand Johannesburg, Afrique du Sud) – Sheba Chhachhi (artiste, Inde)
– Hatem Bazia (National Chair, American Muslims for Palestine, Senior Lecturer, UC Berkeley -
USA) – Sima Shakhsari (professeur, Wellesley College, USA) – Tanya Boza (professeur,
University of California, Merced, USA) – Patricia Penn Hilden (Professeur Emerita, Native
American Studies, USA) – Norma Alarcon (Professeur Emerita, Chicana Studies, University of
California, USA) – Nighat Said Khan (Executive Director ASR Resource Centre and Dean of
Studies Institute of Women's Studies, Pakistan) – Nadine Nabor (professeur, University of Illinois
-USA) – Pratibha Parmar (film maker, USA) – France Winddance Twine (professeur, University
of California, Santa Barbara, USA) – Fouzieyha Towghi (Militante, Lecturer University of
California Berkeley, USA) – Taru Dalmia (musicien, groupe The Ska Vengers -Inde) – Samara
Chopra (musicienne, groupe The Ska Vengers -Inde) – Zakia Salime (Professeur de sociologie à
l'Université de Rutgers, USA) – Angela Harris (professeur, University of California Davis School of
Law, USA) – Suhraiya Jivraj (Senior Lecturer, Kent Law School, and activist, Royaume-Uni) –
Soraya Tlatli (professeur, University of California Berkeley, USA) – Jaribu Hill (Mississippi
Workers' Center for Human Rights, USA) – Ethel Brooks (Department of Gender Studies,
Rudgers University, USA) - Jane Gordon (The Carribean Philosophical Association, USA) –
Sunera Thobani (Critical Race and Postcolonial Feminist Theory Group, University of British
Columbia, Canada) – Ruth Wilson Gilmore (professeur, Associate Director du Center for Place,
Culture and Politics, University of New York, USA) – Maurice Moe Mitchell (membre du Black
Lives Matter) – Geneviève Rail (Institut Simone-De Beauvoir, Concordia University, Canada) –
Kristin Ross (essayiste, professeur de littérature comparée à la NY University) – Greg Albo (York
University, Toronto) - Sue Ferguson (Wilfried Laurier University, Waterloo, Canada) – Honor
Ford-Smith (York University, Toronto) – Kanishka Goonewardena (University of Toronto) –
Stefan Kipfer (York University, Toronto) – David McNally (York University, Toronto) - Hilary
Nicholson (Women's Media Watch, Jamaica) – Herman Rosenfeld (Socialist Project, Toronto) –
Alan Sears (Ryerson University, Toronto) – Anna Zalik (York University, Toronto)

dimanche 10 mai 2015

Face à la répression, l’information est une arme : soutien à IAATA.info


Face à la répression, l'information est une arme : soutien à IAATA.info


Soupçonnée d'être responsable de la publication d'un article sur IAATA.info, site collaboratif et anti-autoritaire toulousain, une personne est poursuivie par la justice. 
Parce qu'informer face à la répression policière est légitime et nécessaire, communiqué de soutien dénonçant la criminalisation et l'intimidation des médias libres.

Ce jeudi 7 mai, la presse [1] a annoncé qu'un Toulousain était poursuivi par la justice pour « provocation publique à la commission d'un délit ou d'un crime ». Il est soupçonné d'être un « administrateur » de IAATA.info, un site d'information anti-autoritaire basé à Toulouse.

Cette poursuite serait liée à la publication d'un compte-rendu de la manif du 21 février 2015 à Toulouse. Cette manifestation était organisée un an après la manifestation nantaise contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes où 3 personnes avaient été éborgnées par des tirs de flashball. Elle avait pour mot d'ordre « Contre les violences policières et en soutien aux ZAD ».
L'article en question propose quelques pistes de résistance contre les techniques de maintien de l'ordre employées par la police. Ce sont ces mêmes techniques qui ont conduit à la mort de Rémi Fraisse le 26 octobre 2014 et qui entrainent la mutilation de nombreuses personnes, dans les manifestations et dans les quartiers populaires.

Rappelons que, suite à la mort de Rémi, rien qu'à Toulouse sur l'ensemble des manifestations de novembre ce sont près de 60 personnes qui ont déjà été poursuivies et 4 sont encore en prison.

Rappelons aussi que la police tue une dizaine de personnes chaque année [2]. En 2014, Amadou Koumé à Paris, Abdelhak Gorafia à Roissy, Pierre Cayet à Saint-Denis, Abdoulaye Camara au Havre, Morad à Marseille, Houcine Bouras à Colmar, Bilal Nzohabonayo à Tours, Rémi Fraisse sur la ZAD des Sivens, Timothée Lake à Toulouse sont morts entre les mains de la police, sans compter les nombreuses et nombreux mutilé-e-s et blessé-e-s par les armes policières.

Un grand nombre de personnes se battent depuis plusieurs années contre la police et sa violence. Les médias libres, les collectifs militants, les associations et les familles des victimes relaient régulièrement sur internet, par voie de tracts et d'affiches, des guides d'auto-défense juridiques, des conseils pour se protéger pendant les manifestations et des conseils pour sécuriser nos communications sur internet ou par téléphone.

Les pratiques d'automedias sont d'autant plus importantes aujourd'hui que la police continue à mutiler et à tuer dans l'impunité. Il est inacceptable d'être poursuivi-e et arrêté-e pour « provocation publique à la commission d'un délit ou d'un crime », lorsqu'on appelle à se défendre face aux violences policières. Depuis toujours, les mouvements sociaux et les personnes en lutte se réapproprient des medias pour permettre la diffusion de l'information alternative, la coordination dans les luttes, l'émergence d'une voix autre que celle des medias dominants. IAATA.info en est un exemple parmi d'autres. IAATA est un site ouvert à la participation de tous et toutes, qui garantit l'anonymat des contributeur-ices et qui représente l'émanation collective d'une ville. 
La police cherche à identifier un-e responsable auquel-le faire porter le chapeau, à l'isoler en individualisant les poursuites. Il n'y a pourtant nulle responsabilité éditoriale individuelle à trouver puisque ce site s'appuie comme d'autres sur un fonctionnement collectif, participatif, sans hiérarchie, dans la  continuité d'une ligne anti-autoritaire.

A l'heure où l'État vote de nouvelles lois antiterroristes et la loi sur le renseignement, à l'heure où la liberté d'expression paraît n'appartenir qu'à certain-e-s, à l'heure où la justice relance l'affaire de Tarnac, à l'heure où les tribunaux poursuivent Le Jura Libertaire, il faut avoir une position claire. L'armada sécuritaire du gouvernement nous concerne tou-te-s ! Montrons-leur notre détermination. Nous continuerons à soutenir et diffuser tous contenus relatifs à l'autodéfense face à la police et à la justice ! Nous continuerons à porter des projets de medias indépendants et anti-autoritaires face aux intimidations de l'État !

Attaquer l'un d'entre nous, c'est nous attaquer tou-te-s ! 
Solidarité avec les médias libres et avec tous les réprimé-e-s !


Le 9 mai 2015.
Premiers signataires : 
Les collectifs d'animation et de modération de Rebellyon, Paris-Luttes.info, Brest-Info, Renverse.ch, la Rotative, Reims médias libres. Les sites Rennes Info, le Jura libertaire, Courant Alternatif, éditions Acratie. . Si vous souhaitez ajouter la signature de votre site, journal ou collectif, écrivez à paris-luttes-infos chez riseup.net.

Notes

[1] Cf. notamment http://www.20minutes.fr/toulouse/1603847-20150507-toulouse-vade-mecum-parfait-casseur-conduit-tribunal et http://actu.cotetoulouse.fr/manif-a....

[2] http://www.bastamag.net/Homicides-accidents-malaises

IAATA : https://iaata.info/Face-a-la-repression-l-information-698.html

vendredi 8 mai 2015

Permis de tuer - Chronique de l'impunité policière

Permis de tuer
Chronique de l'impunité policière



En France, la peine de mort a été abolie en 1981, mais le permis de tuer existe toujours. Les violences policières et les crimes policiers rythment la vie des bidonvilles et des quartiers populaires depuis des dizaines d'années. Avec plus de dix morts connus par an, leur actualité demeure brûlante. Donner un chiffre exact s'avère difficile, mais nous savons que plusieurs centaines de morts ont été recensées au cours des trente dernières années. Dans cet ouvrage, six histoires de luttes récentes pour établir la vérité et obtenir justice sont rassemblées. Elles sont racontées directement par les proches de personnes mortes entre les mains de la police républicaine. Par ces parents, ces frères et sœurs, ces amis, confrontés au mur de silence étatique et à la souffrance, qui ont la force de s'exprimer et le courage de se mobiliser.


Editions Sylepse - 10 €
COLLECTION "ARGUMENTS ET MOUVEMENTS"

Auteur: Collectif Angles morts

Parution : Septembre 2014 
Pages : 192 pages 
Format : 115 x 190 
ISBN : 9782849504277



« Ils nous traitent comme des sous-hommes »
Extraits du livre Permis de tuer. Chronique de l'impunité policière

par Celik Ilter, Farid El-Yamni, Marwan Brahmiya 
http://lmsi.net/Ils-nous-traitent-comme-des-sous

Une rencontre aura lieu autour du livre Permis de tuer. Chronique de l'impunité policière le jeudi 23 octobre 2014 à Libre Ere à Paris (111, boulevard de Ménilmontant). En France, la peine de mort a été abolie en 1981, mais le permis de tuer existe toujours. Les violences policières et les crimes policiers rythment la vie des bidonvilles et des quartiers populaires depuis des dizaines d'années. Avec plus de dix morts connus par an, leur actualité demeure brûlante. Donner un chiffre exact s'avère difficile, mais nous savons que plusieurs centaines de morts ont été recensées au cours des trente dernières années. Le livre collectif [1] Permis de tuer, qui vient de paraître aux éditions Syllepse, revient sur six histoires de luttes récentes pour établir la vérité et obtenir justice. Elles sont racontées directement par les proches de personnes mortes entre les mains de la police républicaine. Par ces parents, ces frères et sœurs, ces amis, confrontés au mur de silence étatique et à la souffrance, qui ont la force de s'exprimer et le courage de se mobiliser. De ce livre important voici, avec l'amicale autorisation des Editions Syllepse, deux extraits consacrés à la mise à mort de Wissam El-Yamni. Dans leurs entretiens respectifs, le frère de Wissam, Farid El-Yamni, et deux de ses amis, Marwan Brahmiya et Celik Ilter, présents sur les lieux le soir de sa mort, reviennent sur cette nuit du 31 décembre 2011, sur les mobilisations qui ont suivi, sur les zones d'ombres et sur les entraves dans la quête de la vérité...

Le 31 décembre 2011, Wissam El-Yamni, trente ans, et quelques amis fêtent la nouvelle année sur un parking du quartier de La Gauthière à Clermont-Ferrand. Arnaud P. et Pascal F., deux agents de l'unité cynophile de la police nationale, sont en service et patrouillent dans la cité. À trois heures du matin environ, leur véhicule est la cible d'un jet de pierres. Les agents sont persuadés que Wissam en est l'auteur et décident de l'interpeller immédiatement. Wissam court. Tout va très vite. Moins d'une minute plus tard, il est maîtrisé, menotté sur le parking d'une école voisine.

Des renforts de police sont déjà sur place, la géolocalisation dénombre au moins sept véhicules et une vingtaine d'hommes. Sous le regard choqué de voisins, Wissam est roué de coups et aspergé de gaz lacrymogène à plusieurs reprises. Embarqué à bord du véhicule de la brigade canine, il est transporté au commissariat le plus proche.

Les amis de Wissam affirment que les policiers l'ont « plaqué au sol, frappé dans les côtes, au niveau du visage et du cou ». Pour eux, ce soir-là, les policiers ont fêté le réveillon à leur manière : en pleine interpellation, « ils fument, rigolent et mettent de la musique funk ! »

Aucun procès-verbal de notification de garde à vue n'est rédigé, mais Wissam El-Yamni est retrouvé inconscient dans un couloir du commissariat vers 3 h 40, étendu au sol, face contre terre. Il avait les mains attachées dans le dos et le pantalon aux chevilles, d'après les déclarations d'un officier de police judiciaire. Tout ce qui a pu se passer dans la voiture de la brigade canine ou dans le commissariat constitue un des angles morts de la procédure. Aucun enregistrement vidéo ne pourra être récupéré. Quant aux enregistrements radio, obligatoires en cas d'intervention, ils seront rares, quasi inexistants.

Wissam El-Yamni est pris en charge par les pompiers et le Samu qui ne parviennent pas à le réanimer. Transporté au centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand, il est admis en soins intensifs, puis placé en coma artificiel pendant neuf jours, avant de décéder le 9 janvier 2012.

À La Gauthière, les amis de Wissam et les voisins présents ce soir-là ne peuvent oublier la scène à laquelle ils ont assisté et ne comptent pas faire profil bas face à une stratégie politico- médiatique qui veut étouffer l'affaire et rendre Wissam responsable de sa propre mort. Un mouvement de solidarité se crée autour de la famille El-Yamni. L'enquête judiciaire s'annonce longue et difficile, comme toujours quand il s'agit d'affaires de violences ou de crimes policiers.

Dès le samedi 7 janvier 2012, les habitants du quartier organisent une marche de protestation. Compte tenu du climat tendu des nuits précédentes, la famille appelle à ne pas y participer, craignant des débordements. Finalement, plus de 500 personnes défileront dans « le calme et la dignité ».

Le 10 janvier, 500 personnes se rassemblent devant le centre commercial de La Gauthière en hommage à sa mémoire.

 

Entretien avec Farid El-Yamni

Quand c'est arrivé, vous avez eu du soutien ou des consignes particulières de la part de la mairie ou des autorités ?

Ils ne nous ont rien demandé, personne ne nous a rien demandé. Lors de la première marche, mon frère était encore dans le coma. On voulait qu'il se réveille ou qu'il meure en paix et que justice soit rendue, dans le calme. Nous étions tous d'accord avec ma famille pour dire qu'il ne fallait pas encourager les révoltes et la violence.

Pour toi, c'était un crime raciste ?

Ce dont je suis convaincu, c'est que c'était un crime raciste dans le sens où ils se sont permis d'agir en groupe, et dans le groupe, pas un policier a dit non, pas un policier ne s'est opposé à ses collègues. Raciste dans le sens où ils se sont sentis supérieurs quand ils tabassaient Wissam. Ce sentiment de supériorité, c'est la base du racisme. Pour moi, lorsque l'on considère que l'autre n'est pas notre égal, c'est ça le racisme. Ils se sont sentis supérieurs, ils ont considéré que leurs vies étaient plus légitimes que la sienne. La manière dont la justice a fait traîner les choses, tout se passe comme si Wissam était un sous-homme. Or, la seule manière de justifier que Wissam était un sous-homme, c'est parce qu'il était différent d'eux. Après, qu'ils l'aient considéré comme « différent » parce que c'était un Arabe ou parce qu'il vivait dans une banlieue, de toute façon, c'est du racisme.

Je vais même dire qu'il y a une troisième forme de racisme, c'est celui de la société. La société accepte. Quand un chat se fait maltraiter et qu'il s'en sort avec une patte cassée, tout le monde s'émeut. Quand des Arabes ou des gens de banlieue se font tuer par la police, ça rassure. Ça les rassure, dans le sens où ils se disent : « Ah, mais c'est un Arabe ! Ça peut pas être quelqu'un comme nous. » Ou bien, voilà ce qu'ils se disent : « C'est quelqu'un de banlieue, c'est quelqu'un qui n'est pas nous. » Et cette forme-là de racisme, traiter l'autre comme quelqu'un de différent, qui n'est pas notre alter ego, je ne sais pas si c'est du racisme selon le dictionnaire, mais c'est ma définition même du racisme : pour moi, c'en est !

Lorsque l'on voit la liste des gens qui sont morts à la suite d'interventions policières, pas besoin d'être statisticien pour s'apercevoir qu'il y a une loi scientifique là-dessous ! Il y a des gens qui vous diront que ce sont les Arabes qui font des conneries, peut être, mais lorsqu'un Arabe fait une connerie, ils ne le loupent pas et ils trouvent même ça légitime de le tuer. La preuve, c'est que dans l'affaire de mon frère, les policiers n'ont même pas été placé en garde à vue ! Une personne est morte et ils ne sont même pas mis en garde à vue ! Ils sont envoyés en vacances. Imaginez, si demain vous tuez quelqu'un, même par accident, on vous laisserait en liberté ou on vous mettrait en garde à vue ?

Oui, c'est vrai que Guéant a mis les policiers en congé… Comment les avocats ont-ils pu vous aider, comment vous ont-ils demandé d'agir ? Est-ce vous qui leur donniez la stratégie ?

Dès le départ, nous avons fait confiance aux avocats. Ils nous ont été recommandés. À partir de là, on avait une forme de confiance, leur engagement sur d'autres affaires nous a prouvé qu'on pouvait leur faire confiance aussi. Par exemple, sur l'expertise cardiologique, ils nous ont apporté des éléments qui ont été percutants. Ils nous avaient prévenus dès le début que ça allait être dur et que le combat ne serait pas judiciaire. Ils nous ont dit ça pour nous faire comprendre que c'est un combat qui se gagne dans le coeur des gens, qu'à partir du moment où on réussirait à faire comprendre aux gens que c'était une injustice, la justice suivrait. Ensuite, ils ont suivi l'affaire normalement.

En parlant de stratégie judiciaire, sachant que tu as participé à différents événements avec d'autres familles et des gens qui s'intéressent depuis longtemps à ces questions-là, que penses-tu du fait que, depuis trente ans, il n'y ait eu presque aucune condamnation ?

Ils nous ont pris pour des cons, mais on s'en est vite rendu compte lorsque nous avons eu accès aux éléments judiciaires. En gros, voilà ce qu'ils nous disaient : « On l'a tué et on vous emmerde ! » Tout ça bien habillé, bien maquillé, à l'image de la société d'aujourd'hui, celle du paraître... Aujourd'hui, vous parlez bien, vous êtes bien habillé, vous dites les choses différemment, on vous écoute, sinon on vous emmerde.

Je voudrais revenir sur l'histoire des photos. On a montré au juge que les photos présentées par le capitaine de police judiciaire ne pouvaient pas être les bonnes. Mon frère est moins marqué sur celles du 1er janvier que sur celles prises par les médecins, le 2 janvier, et que sur les nôtres, prises le 3 janvier. Or, un procès-verbal mentionne que des photos ont bien été prises le 1er janvier et le personnel hospitalier les ont vu prendre des photos. Le capitaine de la police judiciaire reconnaît lui-même avoir pris des photos le 1er janvier.

La police des polices se refuse à récupérer ces photos, malgré l'injonction de la chambre d'instruction. Ils se moquent de nous et nous montrent par là même leurs intentions. Nous l'avons vu le 1er janvier, il était tuméfié tout au long de ses bras, sur les côtes et sur le haut de son torse ; il était gonflé comme un ballon de baudruche, il était méconnaissable.

Malgré ces éléments, le juge a choisi de croire en la version du capitaine de police, ce qui est une insulte au bon sens. Lors d'une rencontre avec le deuxième juge d'instruction, celui qui a ensuite été promu, je n'étais pas présent, mais il a fait comprendre à mes parents et à ma famille qu'il ne fallait pas persister à demander la vérité parce que ce serait de pire en pire pour nous. Il leur a dit : « Ce sera de pire en pire », ce sont ses mots. Comment un juge peut dire ça à une famille ? « Ce sera de pire en pire ! » Ce n'est pas son rôle et ce n'est pas un jeu.

De la même manière, pour nous, les médecins légistes n'ont pas été dans leur rôle, la police des polices n'a jamais été dans son rôle, le procureur n'a pas été dans son rôle, les deux premiers juges également, personne n'a été dans son rôle ! À un moment donné, il faut se demander pour qui la police et la justice travaillent, pour qui ils sont. Ils disent qu'ils sont pour le peuple, mais ils ne sont pas vraiment pour le peuple, ils défendent leurs propres intérêts. Comme le deuxième juge d'instruction dans notre affaire qui a obtenu une meilleure place. Ils sont là pour leur carrière, ils sont là pour servir leurs propres intérêts.

Franchement, ils s'en foutent, s'ils peuvent nous tuer juste pour faire avancer leur carrière, ils le font sans hésiter, voilà la conclusion à laquelle j'arrive. Pour moi, actuellement, je pense que beaucoup de fonctionnaires de justice sont des carriéristes, et ceux qui ne le sont pas, au risque de brimades, méritent notre respect à tous. Quand je parle de la justice et de la police, je fais une distinction, ce sont des administrations différentes, mais en réalité, c'est la même chose. C'est comme si on parlait des roues et du guidon sur un vélo, les deux font partie du vélo. Avec la justice et la police, c'est la même chose, ils n'ont pas de valeurs, ils n'agissent pas par rapport à des valeurs, ils jugent par rapport à ce qu'ils vont gagner ou perdre.

Je me souviens que lorsque nous avons contacté le médecin légiste de Poitiers pour lui faire part de notre incompréhension. Avant même qu'on ait le droit de regarder le rapport, il nous a dit : « Mais vous savez, les policiers, ils sont pas bien, ils se sentent mal. » En gros, ces gens n'ont pas de compassion pour un mec qui jette un chat et lui mettent un an de prison, mais ils ont de la compassion pour ceux qui tuent un Arabe.

 

Entretien avec Marwan Brahmiya et Celik Ilter

Quand vous apprenez ça, comment ça se passe ?

Marwan : On avait déjà une association et on était déjà un peu militants, par rapport au Réseau éducation sans frontière (RESF). On avait un pote kosovar, on a tout fait pour qu'il obtienne ses papiers. On avait un peu connu le monde militant, tout le mouvement RESF, la LDH et d'autres. On connaissait aussi des militants du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). On est partis voir un de ces potes, on lui a raconté ce qui s'est passé et on s'est dit qu'il fallait faire un tract.

Celik : On décide de faire une « marche blanche » le 7 janvier, qui part du quartier en direction du commissariat, à l'encontre de l'avis de la famille. La famille ne voulait pas assumer ça, elle pensait qu'il y aurait des débordements. Wissam était encore dans le coma à cette date, mais on pensait qu'il allait s'en sortir.

Marwan : Le mot d'ordre de cette marche était : « Plus jamais ça ! »

Celik : Sur la première banderole, on avait décidé d'écrire : « Personne au-dessus des lois » et « On est tous Wissam ». La marche s'est très bien passée. Sans aucun débordement, dans le silence, dans le deuil. Pas dans le deuil, mais dans l'émotion. Juste après, on a eu la visite de Tarek, d'Hamza et de Samir du MIB. Ils sont venus, ils se sont présentés. Ils nous ont raconté qu'ils avaient déjà connu ça et nous ont donné des conseils sur comment faire. Eux connaissaient les crimes policiers depuis vingt ans. Nous, on ne savait vraiment pas quoi faire. On ne savait pas comment faire pour se mobiliser. Ils nous ont dit de nous monter en association, de créer un comité. Dans la foulée, on a donc créé le comité Vérité et Justice pour Wissam.

La seconde marche a eu lieu le 14 janvier. Elle s'est organisée avec l'aide de tout le monde. Il y avait même des gars de la mairie qui nous ont aidés, des gars qui se sont incrustés. Nous, on se disait que toutes les aides étaient les bienvenues. On était apolitiques à cette époque-là, on ne savait pas ce que c'était la politique. Mais ces gens-là, ils pensaient déjà à nous manipuler. Ils sont arrivés de la mairie du jour au lendemain. C'était des gars qu'on connaissait, des grands frères à nous qui se sont présentés : « Bonjour, salam aleiykoum » et avec le sourire, la gentillesse, ils ont réussi à rentrer dans le comité et à nous saboter de l'intérieur.

Bref, on mobilise un maximum de monde, la CGT, la LDH, le NPA, même les anarchos. Ils ne sont pas de chez nous, on n'a rien à voir avec eux, ils n'ont pas de Dieu, ils n'ont pas de maître. Moi j'ai un Dieu, hamdoullah, je suis croyant. Même à eux, on leur a dit : « Les gars, vous êtes les bienvenus si vous voulez nous donner un coup de main, parce que nous, on accepte l'aide de tout le monde. »

Marwan : On avait tout le mouvement social de Clermont-Ferrand derrière nous. On disait quelque chose, ça se faisait direct. On était bien avec tout le mouvement social.

Celik : On allait à FO, on faisait 5 000 photocopies. On se disait : « Comment on va faire pour faire des photocopies, des tracts ? » Si on connaissait un mec de la CGT, on y allait et on faisait 5 000 photocopies, gratuit. Et ça, plus ça, plus ça, plus ça, on a réussi à faire un bruit phénoménal à Clermont.

Combien de personnes ont-elles participé à la deuxième marche ?

Celik : Les médias aiment bien donner des chiffres à la baisse. Malgré ça, ils ont estimé que 4 000 personnes y ont participé. Quatre mille personnes pour une ville comme ça, une ville ouvrière, c'est énorme. On nous a dit que c'était une des marches les plus importantes pour ce genre d'affaires, la plus forte mobilisation de ces dernières années contre un crime policier.

Marwan : Tous les quartiers aux alentours se sont mobilisés. On a oublié de vous dire que les CRS sont venus aussi. Les CRS et les hélicoptères, ils faisaient peur à tout le monde. Les journaux ont publié la photo d'une voiture brûlée, trois fois la même voiture…

Celik : Ça a brûlé une seule soirée, mais pour bien criminaliser le quartier, ils ont titré là dessus pendant une semaine. Il y a eu des arrestations, des emprisonnements…

Marwan : Ce qui a été magnifique, c'est qu'on s'est solidarisés avec les quartiers avec lesquels on était hostiles au départ. On s'est carrément retrouvés dans notre quartier. Je dirais même plus, ce sont les quartiers les plus rivaux qui ont le plus bougé pour nous. Même nous, on n'en a pas autant fait qu'eux contre les CRS. Ce qu'ils leur ont mis dans les dents, je te raconte pas !

Celik : Quand on dit quartier rival, c'est des rivalités de gamins : ça se parlait pas, quand ça se voyait, ça se tapait dessus. Malgré tout ça, la mort d'un homme a réuni les quartiers. C'est Rohff qui dit ça : « Tous les quartiers désunis se réunissent pour saluer ta mémoire » dans le morceau Regretté. C'est exactement ça, tous les quartiers désunis se sont réunis, pour la même cause.

Que pensez-vous de la mise en examen récente des deux policiers ?

Celik : Je ne sais pas. Pourquoi maintenant ? Pourquoi ces mises en examen ? Le frère de Wissam, Farid, a montré des photos, les photos où on voit Wissam, Allah y Rahmo, avec des hématomes à l'hôpital. Parce qu'en fait, dans le dossier d'instruction, la police a antidaté  des photos, elle a mis des photos du 9 janvier antidatées au 2 janvier. La famille a pété un câble. Farid a montré des photos et à partir de là, le juge d'instruction a fait l'hypothèse que c'était trop gros, ce n'était pas juste une arrestation, il y a trop de marques, donc il fallait un coupable, il fallait quelqu'un. Ils en ont eu un, peut-être que celui-là a parlé plus que les autres, ils ont eu le deuxième. Mais ils n'étaient pas que deux keufs. Il y avait neuf voitures fois trois flics, ça fait presque trente flics présents. Trente flics et ils n'en ont mis que deux en examen ! Les autres sont tous ou témoins ou complices, ils étaient présents et ne sont pas intervenus pour arrêter le drame.

Qu'est-ce que vous attendez de la procédure judiciaire et du procès à venir ?

Celik : Les crimes policiers, je les suis depuis 2011. Avant, je m'en battais les couilles, ça me concernait pas, ça me touchait pas. Et là, dès qu'il y a un truc, je suis dessus. L'affaire Bentounsi, l'affaire Ajimi, toutes ces affaires-là, je les suis. Je n'espère rien de plus. Ici, à Clermont-Ferrand, ça va être la même, les keufs prendront peut-être six ou huit mois de sursis et ciao. Ça fait déjà presque trois ans que ça dure, ils vont faire traîner encore un peu plus. Ça, c'est la technique de la police et de la justice de faire traîner les affaires en longueur pour que les personnes présentes, impliquées dans cette affaire grandissent, fassent leur vie, passent à autre chose. Comme ça, l'affaire est moins virulente, devient moins médiatique. C'est pour ça qu'ils laissent passer cinq ou dix ans avant qu'il y ait un procès. Qu'est-ce que tu veux que j'attende ici à Clermont ? Rien. J'ai la rage. Je serai au procès. Je serai présent. Mais je ne m'attends pas à des miracles de la part de la justice. Qu'est-ce que tu veux faire ? On n'est pas chez nous, et ils nous le font savoir.

 

P.-S.

Les entretiens complets avec Farid El-Yamni, Marwan Brahmiya et Celik Ilter sont publiés, avec de nombreux autres, dans le livre de Samir Baaloudj, Amal Bentounsi, Marwan Brahmiya, Celik Ilter, Collectif Angles Morts, Comité Vérité et Justice pour Lamine Dieng, Comité Justice pour Lahoucine Aït-Omghar, Comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi, Farid El-Yamni et Mathieu Rigouste : Permis de tuer. Chronique de l'impunité policière, qui vient de paraître aux Editions Syllepse. Nous reproduisons ces extraits avec l'amicale autorisation des éditeurs.

Table des matières

« Permis de tuer » / Collectif Angles Morts

« On va faire le procès de la police » / Samir Baaloudj avec Nordine Iznasni

« Si la france acceptait de reconnaître ses crimes, tous ses fondements s'écrouleraient » / Comité vérité et justice pour Lamine Dieng

« On a beau faire, la justice en France, ça n'existe pas » / Comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi avec Mogniss H. Abdallah

« Ils nous traitent comme des sous-hommes » / Farid El-Yamni

« Tous les quartiers désunis se sont réunis », Marwan Brahmiya et Celik Ilter

« Il faut créer un véritable rapport de forces » / Amal Bentounsi

« La justice est morte, elle ne va que dans un sens » / Comité Justice pour Lahoucine Aït Omghar

« Le bras armé des classes dominantes » / Mathieu Rigouste

Notes

[1] Auteur-e-s : Samir Baaloudj, Amal Bentounsi, Marwan Brahmiya, Celik Ilter, Collectif Angles Morts, Comité Vérité et Justice pour Lamine Dieng, Comité Justice pour Lahoucine Aït-Omghar, Comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi, Farid El-Yamni, Mathieu Rigouste.

Répression policière : Pour le droit à la vérité et à la justice




Ligue des droits de l'Homme
Syndicat des Avocats de France
Syndicat de la Magistrature
 
Communiqué de presse 
 
Nantes, le 5 mai 2015
  
Le parquet de Nantes a classé sans suite les plaintes déposées contre x, à la suite de la manifestation du 22 février 2014, par six personnes s'estimant victimes de violences policières. Malgré cette décision, la Ligue des droits de l'Homme, le Syndicat des Avocats de France et le Syndicat de la Magistrature souhaitent qu'une instruction soit ouverte sur les événements survenus.
En effet, il ressort d'éléments qui ont été rendus publics, que, d'une part plusieurs personnes ont été gravement blessées, dont trois jeunes manifestants à l'œil (l'un l'a perdu) ; et que, d'autre part, plusieurs des différentes armes (flash ball, lanceur de balle de défense, grenades,…) mises à la disposition de la police ont été utilisées au cours de cette manifestation.
Comme nous le soulignions encore en novembre dernier, quand une opération de maintien de l'ordre se termine par une atteinte corporelle irréversible, connaître les conditions dans lesquelles les forces de police ont opéré est légitime. C'est pourquoi nous demandons que la vérité soit établie sur les manières, circonstances et conditions dans lesquelles chacune des personnes blessées l'a été, que les responsabilités soient recherchées et par conséquent la justice rendue.
 
Par-delà, nous disons qu'il faut faire cesser l'instrumentalisation consistant à considérer a priori « les manifestants » et « les policiers » comme des adversaires. En outre, nous réaffirmons que pouvoir contester collectivement ce que l'on estime être injuste, c'est exercer une liberté publique fondamentale. Manifester publiquement est une des nombreuses formes d'expression de la citoyenneté et de la démocratie ainsi que de leur apprentissage. Elle ne doit pas conduire à une mise en danger.

lundi 2 mars 2015

5 mars 2015 à 13h au TGI de Bobigny - Procès d’un « gardien de la paix » violent et fabulateur !




Le jeudi 5 mars 2015 à 13h au TGI de Bobigny aura lieu le procès du policier qui a grièvement blessé Geoffrey à l'oeil suite à un tir de LBD 40 (variante du flashball). Il comparaîtra pour « violence volontaire par agent dépositaire de l'autorité́ publique » et « faux et usage de faux en écriture publique par agent dépositaire de l'autorité́ publique ». C'était en 2010 à Montreuil, Geoffrey avait 16 ans. Avec ses camarades, il bloquait le lycée Jean-Jaurès pour protester contre la réforme des retraites.



Procès d'un « gardien de la paix » violent et fabulateur !

par Christian Tidjani, père de Geoffrey.

Le 14 octobre 2010, des jeunes lycéens bloquent le lycée Jean Jaurès à Montreuil, à l'appel du mouvement contre la réforme des retraites. Alors qu'il pousse une poubelle, Geoffrey, 16 ans, reçoit une balle de LBD40 au visage par un policier de la CSI. Le LBD est une variante du flash-ball, plus puissante et précise.

Ses camarades viennent à son secours, l'infirmière prévient les pompiers afin de procéder à son évacuation vers l'hôpital André Grégoire.

Conscients que cette blessure au visage pourrait bien faire scandale et se retourner contre le tireur, les policiers font pression sur Geoffrey. Alors qu'il souffre atrocement, qu'il est aveuglé par le sang et le gonflement de son visage, ils l'interrogent pour le mettre en garde-à-vue. L'interrogatoire a lieu dans le camion de pompier et se poursuit à l'hôpital. L'arrivée de ses parents met fin à cette sinistre mascarade.

Ensuite, les médecins nous annoncent que Geoffrey doit être transféré́ à l'hôpital Lariboisière car ils ne sont pas formés aux blessures de guerre :

- Fractures multiples de la face, Plancher orbitale effondré, Hémorragie rétinienne, Fractures au nez.

- Six interventions chirurgicales ont permis de réduire les handicaps ; deux autres sont à l'étude, 4 ans après le drame ; une intervention de la cataracte est prévue tous les cinq à dix ans.

Le policier tireur affirme dans son procès verbal que Geoffrey jetait des pierres. Il dit aussi l'avoir atteint au visage alors qu'il se baissait pour ramasser une pierre. Les policiers disent également qu'ils ont prévenu les secours. Des témoins ainsi que deux vidéos vont démentir ces contre-vérités.

Nous avons déposé une première plainte pour « violence volontaire par agent dépositaire de l'autorité́ publique » car la version des élèves et des passants contredit celle de la police.

La mise en ligne de deux vidéos qui invalident le récit des policiers nous a décidés à déposer une deuxième plainte pour « faux et usage de faux en écriture publique par agent dépositaire de l'autorité́ publique ».

- Le policier est mis en examen pour violence volontaire le 11 mars 2011 ;
- Le policier est mis en examen pour faux et usage de faux le 12 septembre 2012 ;
- Le procureur demande son renvoi en correctionnelle pour violence volontaire le 2 janvier 2014 ;
- Le procureur demande son renvoi aux assises pour le faux en écriture publique le 2 janvier 2014 ;
- Le juge d'instruction décide de son renvoi en correctionnelle pour ces deux délits le 27 février 2014.

Tout au long de ces 4 années, nous avons été́ révoltés par les mensonges des policiers sans cesse variant au fil de l'instruction, alors que les vidéos ne souffrent d'aucun doute.

Aussi avons-nous été consternés de la difficulté́ à faire valoir notre plainte pour faux et usage de faux malgré son bien fondé. Nous avons du saisir, en dernier ressort, le Doyen des Juges.

Geoffrey a du stopper son avenir prometteur dans le monde du rugby ; Geoffrey a raté sa scolarité́ par ses états, physique et psychologique, dégradés ; Geoffrey est en détresse professionnelle due à des sinusites chroniques ; Geoffrey souffre du regard des autres et surtout de son statut d'agresseur à l'encontre des forces de l'ordre, passible de prison ferme.


Si pousser une poubelle conduit à cela, il ne faut pas s'étonner de la radicalisation de nos enfants.
Le policier qui a blessé Geoffrey 16 ans doit-être jugé et condamné pour que cela s'arrête…
Pour que le gendarme qui a éborgné Nassuir 9 ans soit condamné (Procès à Mayotte 19 mars 2015).
Pour que Zied et Bouna 15 et 17 ans ne soient pas morts pour rien (Procès à Rennes 16/20 mars 2015).
Pour la quarantaine de personnes mutilées ou tuées par le flash-ball (Non-lieux systématiques).
Pour les Victimes des "gardiens de la paix" ... !

Christian Tidjani,
Père de Geoffrey,
Membre de l'Assemblée des Blessés, des Familles et des Collectifs Contre les Violences Policières.

Liens vers les vidéos : 

Pour nous contacter écrivez à l'adresse suivante en nous indiquant votre numéro de téléphone : geoffreyassembleedesblesses@gmail.com

vendredi 13 février 2015

VIOLENCES POLICIERES, SOCIALES, ECONOMIQUES [NANTES] Semaine de Résistances - 16 au 22 février 2015

VIOLENCES POLICIERES, SOCIALES, ECONOMIQUES
[NANTES] Semaine de Résistances - 16 au 22 février 2015

Nous sommes tes voisin-e-s, tes collègues, tes ami-e-s.
Nous sommes de celles et ceux qui luttent contre les violences policières.
Nous sommes de celles et ceux qui résistent au saccage de la nature.
Nous sommes de celles et ceux qui refusent le racisme d'État, les contrôles au faciès, le harcèlement policier.
Nous sommes de celles et ceux qui subissent les politiques néolibérales.
Nous sommes de celles et ceux qui n'attendent pas les élections pour agir


 
Depuis le 27 novembre 2007 et la première blessure grave infligée par un "LBD" (lanceur de balles de défense) à un lycéen nantais, la liste des personnes blessées et mutilées par ces armes utilisées par la police ne cesse de s'allonger.
 
Le 22 février 2014, lors d'une manifestation contre le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, trois jeunes hommes sont touchés au visage. L'œil gauche de Quentin n'a pu être sauvé. Damien et Emmanuel ont "seulement" perdu la vue d'un œil.

Ailleurs en France et dans le monde, des dizaines de cas de blessures graves, voire mortelles, sont dues à l'usage par les forces de l'ordre d'armes dangereuses (grenades, flash ball, LBD...) utilisées sans discernement contre la population civile. Manifestant, "suspect", passant... Toute personne passant dans le (large) rayon d'action de ces armes dont sont équipés en France policiers et gendarmes peut potentiellement craindre pour son intégrité physique, voire pour sa vie.
 
Dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, Rémi Fraisse, jeune naturaliste et militant écologiste, est tué par un tir de grenade offensive. Cette fois, ce sont les gendarmes qui ont tiré, cette fois un homme est mort.

La liste des victimes ne cesse de s'allonger. Dans la très grande majorité des cas, ces crimes restent impunis. Les forces de l'ordre peuvent donc se permettre d'exercer leur propre "justice", sommaire et arbitraire, condamner sans procès et appliquer immédiatement des "châtiments" qui consistent à blesser des personnes dans leur chair, dans la rue ou dans les commissariats, pour des "crimes" soit véniels soit inexistants. Protégé par un uniforme, on peut commettre des violences sans rendre de comptes. Nous ne pouvons admettre cette "justice" expéditive dans notre État de droit.
 
Le 22 février 2015, toutes celles et ceux qui s'insurgent contre les violences commises par certains membres de forces de l'ordre et, au-delà, contre toutes les violences institutionnelles et sociales, sont appelées à participer aux actions, débats, rencontres, réflexions et manifestations organisées en France à l'occasion du triste premier anniversaire de la manifestation nantaise du 22 février 2014.

À Nantes, "capitale du flashball", diverses actions et temps de réflexion et d'échange se dérouleront pendant toute la semaine du 16 au 22 février 2015.

jeudi 5 février 2015

Marche contre les violences policières, samedi 14 février à 14h30 à Montreuil


GARDIEN DE LA PAIX, MON ŒIL


Montreuil, 8 juillet 2009, place du marché : alors qu'elles protestent contre l'expulsion d'un immeuble squatté, cinq personnes sont touchées par des tirs de flashball, à l'épaule, à la clavicule, à la nuque, au front ; Joachim perd un œil.

Montreuil, 14 octobre 2010, devant le lycée Jean Jaurès : un large mouvement contre la réforme des retraites secoue le pays, Geoffrey reçoit un tir de flashball dans l'œil alors qu'il bloque le lycée avec ses camarades.

À Noisy le sec en 2012, Amine est tué d'une balle dans le dos par un policier. À Villemomble en 2013, Fatouma perd un oeil suite à un tir de grenade de désencerclement. En 2014, la BAC tire au flashball dans un square du quartier de la Noue à Montreuil. Des histoires comme celles-ci il en existe tant, et nous sommes loin de toutes les connaitre.

Le collectif huit juillet et les proches de Geoffrey appellent à une marche à Montreuil contre le flashball, contre les violences et l'impunité policières. Elle partira du lycée Jean Jaurès pour se rendre à la place du marché. D'une blessure à l'autre, d'une violence à l'autre, c'est le même combat qu'il nous faut mener.

Chaque fois que la police blesse ou tue, politiques et médias reprennent le même scénario. Ils transforment les victimes en coupables a priori :casseur, délinquant, hooligan, clandestin... Ces catégories cibles, sur lesquelles la police peut tirer sans craindre d'être inquiétée, visent à empêcher de se sentir concerné par ces histoires et de se solidariser.

Ces derniers mois, la mort de Rémi Fraisse, tué par une grenade militaire, a résonné avec les mobilisations aux États-Unis suite à l'assassinat de jeunes noirs par la police et à plusieurs acquittements de policiers tueurs. Pendant quelques temps la violence de la police et de l'Etat était sur le devant de la scène publique.

Les attentats de ce début d'année, ou plutôt l'usage qui est fait de ce drame pour mieux nous gouverner par la peur, risquent de balayer une légitime défiance envers des institutions de plus en plus violentes, et de transformer les victimes de la police en dommages collatéraux de la guerre au terrorisme.

La guerre contre le terrorisme est le récit dans lequel ceux qui nous gouvernent voudraient nous entraîner, dans lequel nous devrions faire corps avec eux, acceptant inconditionnellement leur gouvernement. Ce récit vient recouvrir une politique qui se fait contre la population, et contre tout ce qui y résiste. Il s'ajoute à la petite musique quotidienne jouée par les médias pour nous faire accepter ce monde – sa police, sa violence économique, ses réformes destructrices, ses grands projets absurdes, ses plans de rigueurs, ses inégalités naturelles, ses sacrifices obligés, sa concurrence de tous contre tous.

Ne nous laissons pas diviser. Nous avons d'autres histoires à raconter. À nous de les dire et de les rendre visibles.


MARCHE CONTRE LES VIOLENCES POLICIÈRES
SAMEDI 14 FÉVRIER à 14h30
départ du lycée Jean Jaurès,
au début de la rue Dombasle à Montreuil
M° Mairie de Montreuil


En novembre 2014 se sont rencontrés une quinzaine de blessés par flashball et leurs proches, venus de toute la France. De cette rencontre est née l'Assemblée des blessés, des familles, et des collectifs contre les violences policières.
Le 21 février 2015 - un an après la manifestation contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes où la police avait éborgné trois personnes en une journée - le collectif huit juillet et les proches de Geoffrey se rendront à Nantes avec l'Assemblée des blessés pour participer à la manifestation de solidarité avec les ZAD (zone à défendre) et contre les violences d'Etat qu'elles soient économiques, sociales ou policières.
Plus d'infos sur cette manifestation ici: http://22fevrier2015.jimdo.com

Le 21 février une manifestation en soutien aux ZAD et contre le monde des bétonneurs aura également lieu à Toulouse, plus d'infos surhttps://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com