mercredi 11 janvier 2017

Collectif Délinquants Solidaires


 

Collectif

DelitSolidariteFraternite@rezo.net

DELINQUANTS - SOLIDAIRES

 

Si la solidarité avec les étrangers est un délit, alors nous sommes tous délinquants

La solidarité, plus que jamais un délit ?

janvier  2017

 

Bien sûr, la solidarité n'a jamais été inscrite dans aucun code comme un délit. 

Cependant, des militants associatifs qui ne font que venir en aide à des personnes en situation de très grande précarité, victimes de décisions dangereuses, violentes, voire inhumaines, se retrouvent aujourd'hui face à la justice.

Avec l'instauration de l'état d'urgence, et dans le contexte baptisé « crise migratoire », on assiste à une recrudescence de poursuites visant à empêcher l'expression de la solidarité envers migrants, réfugiés, Roms, sans-papiers... Au-delà, c'est le soutien à l'ensemble des personnes étrangères qui tend à devenir suspect, l'expression de la contestation des politiques menées qui est assimilée à de la rébellion et au trouble à l'ordre public.

La loi permet en effet de poursuivre les personnes qui viennent en aide aux « sans-papiers »[1],  mais toutes sortes d'autres chefs d''accusation servent désormais à entraver toute action citoyenne qui s'oppose aux politiques mises en œuvre. L'ensemble de ces intimidations, poursuites, condamnations parfois, visent donc bien en fait ce qui constitue de nouvelles formes du « délit de solidarité ». 

Dès 2009, les associations de défense des droits de l'Homme et de soutien aux étrangers avaient dénoncé le fait que le délit d'« aide à l'entrée, à la circulation et au séjour des étrangers en situation irrégulière », introduit à l'origine pour lutter contre ceux qui font commerce du trafic et de l'exploitation des étrangers, ait permis au fil du temps de sanctionner les « aidants » d'étrangers sans papiers, même agissant dans un but non lucratif. Si les peines prévues ne sont pas toujours appliquées, une telle réglementation a bien sûr un effet dissuasif sur celles et ceux qui refusent de se soumettre à des politiques hostiles aux étrangers.

 La mobilisation associative, à l'époque, a abouti à plusieurs réformes successives, dont celle du 31 décembre 2012 qui a été présentée comme la « suppression » du délit de solidarité. Il n'en est rien ; la nouvelle rédaction des textes se contente de préciser et augmenter les cas d'exemption de poursuites. Outre l'aide apportée à des parents, est autorisée l'aide qui aura seulement visé à « assurer des conditions de vie dignes et décentes à l''étranger » ou à « préserver la dignité ou l''intégrité physique de celui-ci ». Malgré tout, des personnes ayant manifesté leur solidarité avec des étrangers sans titre de séjour continuent d'être inquiétées - convocations à la police ou à la gendarmerie, gardes à vue, perquisitions, écoutes téléphoniques - voire poursuivies et parfois punies d'amende et emprisonnement.

Dans le même temps, des poursuites ont commencé d'être menées sur la base de textes sans rapport avec l''immigration.

  • Les délits d''outrage, d''injure et de diffamation, de rébellion ou violences à agent de la force publique sont utilisés pour défendre l''administration et la police contre celles et ceux qui critiquent leurs pratiques ;
  • Le délit d''« entrave à la circulation d''un aéronef », qui figure dans le code de l''aviation civile, permet de réprimer les passagers qui, voyant des personnes ligotées et bâillonnées dans un avion, protestent contre la violence des expulsions ;
  • La réglementation qui sanctionne l''emploi d''un travailleur étranger sans autorisation de travail a servi à inquiéter des personnes qui, hébergeant des étrangers en situation irrégulière, acceptent que leurs hôtes les aident à effectuer des tâches domestiques. 

Aujourd'hui, les motifs des poursuites se diversifient toujours plus. Tandis que les poursuites pour aide à l'entrée et au séjour ont repris de plus belle, de nouveaux chefs d'accusation sont utilisés pour condamner les actions solidaires :

  • La réglementation en matière d'urbanisme a été invoquée à Norrent-Fontes (Pas-de-Calais) pour demander la destruction d'abris pour migrants ;
  • Des textes sur l'hygiène ou la sécurité applicables à des locaux ont servi à empêcher des hébergements solidaires à St-Etienne ;
  • L'absence de ceinture de sécurité et d'un siège pour une fillette à bord d'un camion a permis la condamnation d'un aidant à Calais ;
  • L'intrusion dans des zones particulières, interdites pour cause d'état d'urgence, a été utilisée, à Calais également, pour sanctionner le regard citoyen ;
  • Le délit de faux et usage de faux est utilisé pour intimider des personnes qui ont voulu attester de la présence depuis plus de 48h de personnes dans un squat à Clichy ;
  • etc... 

Et, de plus en plus, le simple fait d'avoir voulu être témoin d'opérations de police, d'expulsions de bidonvilles, de rafles, peut conduire à une arrestation, sous couvert de rébellion ou de violences à agent. 

Ces procédés d'intimidation doivent cesser. Nous affirmons la légitimité du droit de regard des citoyens et des citoyennes sur les pratiques de l''administration, de la justice ou de la police. Nous voulons que soient encouragé·e·s celles et ceux qui se montrent solidaires des personnes en situation de précarité sans se soucier de savoir si elles sont ou non en situation régulière quant au séjour. Nous refusons que les populations visées par des politiques ou des pratiques xénophobes soient privées de soutien.  C'est l'avenir du principe même de solidarité qui est en jeu. 

Nous vous appelons tous et toutes à vous joindre au combat que nous, organisations syndicales et associatives et comités de soutien informels, avons décidé d'engager ensemble, au sein du collectif que nous avons constitué.



[1]    Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (Ceseda), articles L.622-1 et suivants

Organisations signataires :

ACORT (Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie)

ADDE (Avocats pour la défense des droits des étrangers)

AFVS (Association des familles victimes du saturnisme)

Alternative Libertaire

Amoureux au ban public (Les)

Catred (Collectif des accidentés du travail, handicapés et retraités pour l'égalité des droits)

Cedetim/Ipam (Centre d'études et d'initiatives de solidarité internationale)

Cnafal (Conseil national des associations familiales laïques)

Collectif national droits de l'Homme Romeurope

Comede (Comité pour la santé des exilés)

Comegas (Collectif des médecins généralistes pour l'accès aux soins)

Copaf (Collectif pour l'avenir des foyers)

Culture et Liberté

Emmaüs France

Fasti (Fédération des associations de solidarité avec tou-te-s les immigré-e-s)

Fédération Entraide Protestante

Fnars (Fédération des acteurs de la solidarité)

Fondation Abbé Pierre

FTCR (Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives)

Gisti (Groupe d'information et de soutien des immigré·e·s)

La Cimade

LDH (Ligue des droits de l'Homme)

Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples)

Organisation communiste libertaire (OCL)

Secours Catholique

UJFP (Union juive française pour la paix)

Utopia 56

Associations locales 

·      Auvergne-Rhône-Alpes

RESF 63 (Puy-de-Dôme)

·      Bourgogne-Franche-Comté

Collectif Creusot-Autun des Droits de l'Homme

Les Amis du CADA (Digoin, Saône-et-Loire)

 ·      Centre-Val-de-Loire

La Cimade - groupe local de Blois

 ·      Hauts-de-France

ACC Minorités visibles (Dunkerque)

Adra Dunkerque

Arras solidarité réfugiés

Attac Artois

Care4Calais

Collectif de soutien à Jean Luc Munro

Équipe de soutien juridique de Dunkerque

Flandre Terre Solidaire

Fraternité Migrants Bassin Minier 62

La Fraternité (Bruay-la-Buissière)

L'Auberge des Migrants

Le Réveil Voyageur

Mrap Dunkerque

Planning familial Pas-de-Calais

Salam Nord/Pas-de-Calais

Terre d'Errance

Terre d'errance Flandres Littoral

·      Île-de-France

ASEFRR (Association Solidarité Essonne Familles Roumaines et Rroms)

Aset 93 (Association d'aide à la scolarisation des enfants Tsiganes)

Collectif de Vigilance Paris12 pour les droits des étrangers-RESF

Collectif Romeurope du Val Maubuée

Collectif Austerlitz et de l'assemblée citoyenne du 14ème

Collectif Parisien de Soutien aux Exilé-e-s 

Ecodrom 93

Hors la Rue

Observatoire Citoyen du CRA de Palaiseau

Romeurope 94

Turbulences Marne-La-Vallée

·      Normandie

Itinérance Cherbourg

·      Occitanie

Cercle des Voisins du CRA de Cornebarrieu (Haute-Garonne)

Planning familial 48 (Lozère)

·      PACA

Beaux repères (Avignon)

Comité de Vigilance des Alpes Maritimes (COVIAM)

Habitat et citoyenneté (Nice)

MRAP Vaucluse

Roya citoyenne (La)

Tous migrants (Marseille) 

Organisations syndicales

Émancipation tendance intersyndicale

Fédération SUD Éducation

Fédération SUD Santé Sociaux

FERC CGT (Fédération de l'Éducation, de la Recherche et de la Culture)

SAF (Syndicat des avocats de France)

SNUipp-FSU (Syndicat national unitaire des instituteurs et professeurs des écoles et PEGC)

SNPES-PJJ-FSU (Syndicat National des Personnels de L'Éducation et du Social)

SUD Industrie Francilien

Syndicat de la Magistrature

Syndicat Général du Livre et de la Communication Ecrite CGT (SGLCE-CGT)

Union syndicale Solidaires

 
 

mercredi 7 décembre 2016

HALTE à la répression à Poitiers comme ailleurs !




HALTE À LA RÉPRESSION À POITIERS COMME AILLEURS !

Dans le cadre de la mobilisation contre la loi travail qui s'est déployée partout en France de mars à juin, l'intersyndicale de Poitiers CGT-FO-FSU-Solidaires-CNT-UNEF-SGL avait appelé le 19 mai à une manifestation jusqu'à la gare, et décidé de mener une action d'occupation des voies ferrées. Cette action a été réalisée avec succès par plusieurs centaines de personnes pendant près de deux heures, et elle s'est déroulée jusqu'à la fin dans le calme et sans aucune dégradation, selon les modalités décidées par l'intersyndicale 86. Puis la manifestation a repris son cours jusqu'au parvis de la gare de Poitiers, où elle s'est dispersée.

Or onze personnes ont ensuite été convoquées au commissariat de police le 28 juin, dans le cadre d'une enquête sur « des faits d'entrave à la mise en marche ou circulation d'un véhicule de chemin de fer et autres ». Le choix de ces onze personnes semble correspondre à un ciblage politique, puisqu'elles sont en général désignées comme appartenant aux milieux anticapitalistes et libertaires – milieux stigmatisés par les pouvoirs publics poitevins depuis les événements d'octobre 2009 à Poitiers. Ce ciblage va donc dans le sens de ce que veut la préfecture ; celle-ci a en effet prétendu dans la presse, juste après la manifestation du 19 mai, que des « éléments ultragauche violents » étaient réapparus à cette occasion – sans pouvoir bien sûr apporter la moindre preuve de ses dires, notamment concernant la violence... et pour cause : Poitiers n'en a connu aucune lors du mouvement contre la loi travail. Enfin, l'appartenance de deux des convoqué-e-s à l'union syndicale Solidaires 86 montre que les pouvoirs publics veulent faire un exemple en s'attaquant à des militants syndicalistes très actifs dans les luttes actuelles et passées. Comme partout ailleurs en France, où des centaines de personnes ayant participé à la mobilisation contre la loi travail sont en butte à un harcèlement de la justice, après celui de la police.

Aujourd'hui, il ne reste plus qu'une seule personne, sur les onze qui ont été convoquées fin juin, à ne pas avoir subi  une garde à vue – avec désormais comme chefs d'inculpation non seulement l'entrave à la circulation des trains, mais la mise en danger que celle-ci serait censée avoir représenté le 19 mai, ainsi que le refus des « relevés signalétiques » (photos, empreintes, prélèvement d'ADN) – soit des délits passibles de plusieurs milliers d'euros d'amendes et de plusieurs années de prison.

Alors, plus que jamais, restons déterminé-e-s, uni-e-s et mobilisé-e-s face à la criminalisation des mouvements sociaux et à la répression, en exprimant notre soutien aux militant-e-s convoqué-e-s ! Exigeons l'arrêt de toutes les poursuites à leur encontre, et dénonçons toute pénalisation des mouvements sociaux ainsi que toute tentative d'intimidation faite à l'encontre de personnes mobilisées contre la politique antisociale du gouvernement !


jeudi 1 décembre 2016

à Nantes, l’État condamné pour un tir de LBD 40




Communiqué de presse : à Nantes, l'État condamné pour un tir de LBD 40


Nantes, le 30 novembre 2016


Le 27 novembre 2007, j'étais très gravement blessé à l'œil par un tir de Lanceur de Balles de Défense – LBD 40 – lors d'une manifestation lycéenne, à l'age de 16 ans. Cela fait 9 ans, presque jour pour jour, que je me bat pour faire reconnaître la dangerosité de cette arme, et que je lutte contre l'impunité policière. 9 ans durant lesquelles les mutilations causées par les armes de la police se sont multipliées. Nous recensons aujourd'hui 44 personnes ayant perdu l'usage d'un œil après avoir été atteintes par des balles en caoutchouc, dont 5 blessés graves à Nantes. Le jugement du Tribunal Administratif de Nantes vient d'être rendu. On peut en retenir trois éléments importants :

1- L'État est condamné et la dangerosité du LBD40 est reconnue par la justice. C'est l'information la plus importante pour aujourd'hui. Lors de l'audience rapporteur public avait très précisément dénoncé le caractère expérimental du LBD 40 le 27 novembre 2007, ainsi que son extrême dangerosité susceptible d'engendrer des mutilations. Les juges ont confirmé cette analyse.

2- En revanche, les juges de Nantes ont décidé de ne pas suivre le rapporteur public en opérant un partage de responsabilité à 50%, comme si les blessés et ceux qui leur ont tiré dessus étaient également responsables de leurs préjudices. C'est la deuxième fois en deux semaines que les juges administratifs de Nantes désavouent le rapporteur public – ce qui, en temps normal, est rarissime. La première fois sur le sujet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et aujourd'hui sur la question des armes de la police. Deux sujets regardés avec attention par le pouvoir politique. Concrètement, dans leur jugement, les juges inventent un délit de « non désolidarisation d'une manifestation » en ces termes :

« en admettant même que M. Douillard n'ait pas lui- même lancé des projectiles, il résulte de l'instruction qu'il ne s'est pas désolidarisé de l'attroupement [...] alors qu'il aurait dû s'éloigner ; que, dans ces conditions, M. Douillard doit être regardé comme ayant commis une faute à l'origine de son préjudice susceptible d'exonérer partiellement l'Etat de sa responsabilité. »

Il ne s'agit plus de droit mais bien d'une présomption de culpabilité des victimes de violences policières, et de fait, d'une remise en cause extrêmement préoccupante du droit de manifester.

3- Les réparations sont évidemment dérisoires. En 2012, le préfet de Nantes, par courrier confidentiel, me proposait près de 100 000 euros contre un abandon de toutes les poursuites engagées. J'ai refusé cet arrangement, et choisi d'aller au bout des procédures entamées en justice, pour mettre en lumière la dangerosité du LBD40. Aujourd'hui, c'est finalement une somme bien inférieure qui est proposée par le Tribunal Administratif. Dans tous les cas, aucune somme d'argent ne remplace la perte d'un œil. Nous sommes à présent des dizaines de personnes en France à vivre avec des séquelles permanentes causées par la police, à subir ce préjudice jour après jour.

Ce jugement du TA de Nantes tombe dans une période particulière, où la mairie de Nantes a décidé à son tour de doter sa police municipale de Lanceurs de Balles de Défense. Un choix extrêmement grave qui confirme le processus de militarisation de la police et l'escalade sécuritaire observés ces dernières années, au niveau national et local.


Pierre Douillard-Lefevre, avec le soutien de l'Assemblée des blessés 44



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mercredi 11 mai 2016

Parution ouvrage Pierre Douillard L'Arme à l'oeil. Violences d'Etat et militarisation de la police

Vous trouverez ci-joint la présentation de l'ouvrage de Pierre Douillard, L'ARME A L'OEIL. VIOLENCES D'ÉTAT ET MILITARISATION DE LA POLICE qui sera disponible en librairie à partir du 13 mai.
Cet ouvrage prend toute sa dimension dans le contexte actuel de répression violente du mouvement de lutte contre la loi travail et son monde.

Collectif Illusio

L'ARME A L'ŒIL. VIOLENCES D'ÉTAT ET MILITARISATION DE LA POLICE

Automne 2014, un manifestant est tué par une grenade lancée par un gendarme à Sivens. L'armement de la police fait, pour la première fois, la une de l'actualité. Loin de susciter
des réactions à la hauteur, ce drame est l'occasion pour le pouvoir de renforcer ses stratégies de maintien de l'ordre en faisant interdire et réprimer implacablement les mobilisations qui suivent.
La mort de Rémi Fraisse n'est ni une « bavure », ni un accident. Elle est le pro- duit d'une logique structurelle, qui s'inscrit dans un processus d'impunité généralisée et de militarisation de la police en germe depuis deux décennies.
Sur fond d'hégémonie culturelle des idées sécuritaires, la police française se dote de nouvelles armes sous l'impulsion des gouvernements successifs : taser, grenades, flashballs, LBD. On tire à nouveau sur la foule. D'abord expérimentées dans les quartiers périphériques, puis contre les mobilisations incontrôlables, les armes de la police s'imposent aujourd'hui potentiellement contre tous. « En blesser un pour en terroriser mille », telle est la doctrine des armes de la police.
Cet essai passe en revue l'armement de la police pour comprendre ce que les armes disent de notre temps, quelles sont les logiques politiques qu'elles suggèrent, au-delà des spécificités françaises d'un maintien de l'ordre présenté comme irréprochable.


Pierre Douillard-Lefevre est blessé au visage lors d'une manifesta- tion, par le tir d'une nouvelle arme de la police : les Lanceurs de Balles de Défense. Nous sommes en 2007, il a 16 ans. Depuis, il lutte aux côtés d'autres blessés contre la militarisation et l'impunité des forces de l'ordre. Aujourd'hui aspirant chercheur en sciences sociales, diplômé en histoire et sociologie et auteur d'un travail de recherche sur les politiques urbaines, il livre une analyse partielle et partiale du fonctionnement d'une institution toute-puissante : la police.
Il a également contribué en tant que dessinateur à une Bande Dessinée collective, Les Désobéisseurs, Vide Cocagne, 2013.



samedi 6 février 2016

Semaine résistances Nantes, 15 au 21 février 2016

Du 15 au 21 février 2016

Résistances aux états d'urgence !

À partir du lundi 15 février, chaque soir à Nantes, dans des lieux différents, débats, atelier théâtre, projections... On parlera des Zad, des Kurdes, du Mexique, de l'état d'urgence... Et le week-end sera actif et festif.





mardi 22 septembre 2015

31 octobre marche pour la dignité


Soutenez la marche de la Dignité ! Faisons de cet événement un moment historique !

https://www.leetchi.com/c/projets-de-marche-de-la-dignite

 

Marche de la Dignité 31 octobre 2015: l'appel
Avec le soutien d'Angela Davis

http://www.urgence-notre-police-assassine.fr/


En octobre 2005, les jeunes vies de deux clichois étaient fauchées en Seine-Saint-Denis –
une tragédie mettant en cause des fonctionnaires de police. Depuis, la stratégie de l'État
français, loin de chercher à châtier les coupables, consiste uniquement à fuir ses
responsabilités. Comme il l'a fait dans des dizaines de crimes policiers depuis des
décennies.


Ce même mois d'octobre 2005, en réponse à leur mort, un vent de colère secoua toutes
les banlieues de France pendant des semaines. Les interprétations les plus courantes de
ces émeutes incriminèrent à juste titre la déshérence des quartiers, les conditions sociales
lamentables, le chômage, la vie dure : une véritable guerre sociale faite aux pauvres. Mais
elles ne dirent pas assez combien au coeur de cette révolte figurait, forte, l'exigence de
respect : la dénonciation du mépris avec lequel avait été traitée la mort de ces deux
adolescents et à travers leur cas, la dénonciation du mépris souverain dans lequel sont
tenus les habitants des quartiers, leur attachement à la dignité collective.


Vingt ans plus tôt, ce sont déjà d'autres violences policières qui poussèrent des jeunes
issus de l'immigration postcoloniale à mener, à travers la France, la Marche de 1983, la
fameuse Marche pour l'égalité. Égalité sociale, bien sûr, mais aussi égalité de
considération. Les jeunes disaient « Nous ne sommes pas du gibier à flics, nous sommes
des êtres humains ! » L'État se devait de la briser. Il mit alors tout en oeuvre pour saboter
cette auto-organisation en médiatisant à outrance certaines officines pseudo-antiracistes.
Celles-ci s'employèrent, de tous leurs moyens financiers, à étouffer la Marche pour
l'égalité sous les milliers de décibels des concerts gratuits et de leur antiracisme de
pacotille.


Aujourd'hui, comme il y a 30 ans, comme il y a 10 ans, loin d'avoir renoncé à ses
agissements passés, l'État français ne sait que renforcer tous ses dispositifs de
surveillance et de répression. En plus des conditions sociales toujours plus déplorables, le
harcèlement des populations des quartiers, leur humiliation, constituent le quotidien pour
les Noirs, les Arabes, les Rroms, et les Blancs des quartiers. Dans ce paysage dévasté, le
crime policier n'est jamais fortuit. Il est l'aboutissement de toute la logique d'un État qui
n'a pour nous que désintérêt et mépris.


Le crime policier est l'expression achevée du racisme d'État. C'est celui-ci qui
conditionne des fonctionnaires puissamment armés à passer à l'acte, c'est lui qui les
dispense de réfléchir au moment tragique, qui leur donne le temps de se saisir de leur
arme, d'ajuster et de tirer à mort ou d'écraser la poitrine et la gorge de leur proie sous la
clef d'étranglement. Le message implicite que délivre le crime policier est simple : « Non
seulement vous n'êtes pas des êtres humains comme les autres mais, avec vous, nous
pouvons aller jusqu'à la mise à mort et les meurtriers sont assurés de l'impunité ». À ce
jour, rarissimes sont les procès ayant abouti en faveur des victimes. Le crime policier
n'est jamais un homicide involontaire, il n'est jamais gratuit, il est là pour répandre la
consternation, la désolation dans les coeurs et les esprits des familles endeuillées, pour
nous faire renoncer à être traités comme des êtres humains. Il n'épargnera personne, il
est là pour nous terroriser.


C'est pourquoi comme il y a 30 ans, comme il y a 10 ans, contre l'humiliation quotidienne,
contre le mépris, contre l'islamophobie, la négrophobie, la rromophobie, galopantes,
contre les crimes policiers, s'impose une nouvelle marche : la Marche de la dignité. Notre
réaction puissante, organisée, confiante est la seule façon d'enrayer notre écrasement
collectif annoncé.


C'est à cette grande Marche de la Dignité que nous vous convions le 31 octobre
prochain.


Amal Bentounsi, le 8 mai 2015, à Saint-Denis au nom du MAFED, collectif de la Marche des Femmes pour la Dignité composé de :
Sihame ASSBAGUE – Rania AYOUB - Rachida AZIZ – Paola BACCHETTA – BAMS – Noria
BELGHERRI – Anissa BENAISSA – Leila BENDERRA – Hind BEN FARES – Feiza BEN
MOHAMED – Amal BENTOUNSI – Wiam BERHOUMA – Nargesse BIBIMOUNE - Karima
BOUACHE – Houria BOUTELDJA – Nora BOURAZZI – Sarah CARMONA – CASEY – Samia
CHALA – Imen CHATTEUR - Ismahane CHOUDER – Gerty DAMBURY – Inès DE LUNA –
Rokhaya DIALLO – Éva DOUMBIA – Soraya EL KAHLAOUI – Fanny ESSIYE - Mireille FANON
MENDÈS-FRANCE – Nawel GAFSIA – Tauana Olivia GOMES-SILVA – Zeineb GUEDIONNI -
Nacira GUÉNIF-SOUILAMAS – Hanane KARIMI – Mebarka KASSAM – Fethia KERKAR –
Fatima KHEMILAT – Agathe LARISSE – Stella MAGLIANI-BELKACEM – Rania MAJDOUB –
Ouafa MAMECHE – Bahiya MANSAR – Fatou MEITE – Safyia MEZIANI – Zakia MEZIANI –
Karima MONDON - Samia MOUCHARIK – Ketty NESTOR – Laetitia NONONE – Bahija
OUEZINI – Ndella PAYE - Farida RÉMILA – Zohra REZGANI – Malika SABEG – Maboula
SOUMAHORO – Hanifa TAGUELMINT – Nadia TAHHAR - Vanessa THOMPSON – Haifa TLILI
– Joby VALENTE - Françoise VERGES – Héla YOUSFI – Louisa YOUSFI - Smina ZEKRINI

 

en collaboration avec les personnalités et organisations de l'immigration et des
quartiers populaires et/ou subissant le racisme
Abyssinie – Acide (Agir contre les inégalités et les discriminations ethno-raciales) –
Algériens des Deux Rives et leurs Amis (ADRA) – Association des marcheurs de 1983 -
Association des travailleurs maghrébins de France – Association marocaine des Droits
humains, section Paris/IDF - Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux
femmes musulmanes – BDS France Paris – Brigade Anti-Négrophobie – Cases Rebelles -
Collectif Afro-Fem - Collectif Ali Ziri - Collectif Citoyens - Collectif contre Exhibit B –
Collectif des baras – Collectif des Féministes pour l'Égalité – Collectif des filles et fils
d'Africains déportés - Collectif des Musulmans de France - Collectif James Baldwin -
Collectif Stop le contrôle au faciès – Comité 15 mars et libertés – Comité de soutien des
sans-papiers 92 – Convergence Citoyenne Ivryienne – Droit à la différence - Éducation en
héritage – Espace Franco-Algérien – Espoir et Fraternité Tsigane de Franche-Comté –
Falsafa – Fédération des Musulmans du Sud – Femmes en lutte 93 – Femmes plurielles –
Femmes sans frontières – Ferguson in Paris – Fondation Frantz Fanon - Front Uni de
l'Immigration et des Quartiers Populaires – Intégration 21 – La Voix des Rroms - Les
Indivisibles – Les Peaux Cibles – Groupe LOCs (Lesbians of color) – Mamans Toutes Égales
- Mémoires en marche - Mwasi collectif - Parti des Indigènes de la République - Respaix
Conscience Musulmane – Réveil des consciences – Rez'O – Romano Godjako Truj –
Secours Palestinien – Urgence Notre Police Assassine - Zonzon 93


Houda Asal (sociologue) – Djamel Atallah (ancien marcheur) – Rabha Attaf (grand reporter) –
Eunice Barber (Championne du monde heptathlon et saut en longueur) – Baro Syntax (artiste) –
Hocine Ben (slameur) – Sabreen Bint Loula (réalisatrice, militante) – Daniel Blanchard (militant
associatif) – Jean-François Boclé (artiste) – Saïd Bouamama (sociologue) – Nadir Bouhmouch
(cinéaste et photographe) – Francis Carole (professeur d'Histoire, Martinique) – Raphael
Confiant (écrivain) – Disiz (artiste) – Kamel Djellal (président du Collectif Citoyens) – Daniel
Dobat (professeur, Martinique) – Samia Errazouki (co-éditrice de Jadaliyya) – Esperanza
Fernandez (artiste) – Joao Gabriell (militant, bloggueur) – Saddok Guitoun (président du Comité
de soutien aux sans-papiers 92) – Hamé (artiste) - Malika Hamidi (sociologue, directrice du
European Muslim Network) – Kaoutar Harchi (écrivaine, chercheuse) – Humanist Hiphopsaved
(artiste) – IAM (groupe de rap) – Amadou Ka (président des Indivisibles) – Almamy Kanouté
(militant associatif et politique) – Kiddam (artiste) – Jessica Koumé (dont l'époux, Amadou
Koumé, a été tué par la police en mars 2015) – Aissata Kouyaté (artiste) – La Rumeur – Les
Nubians (artistes) – Esse Lawson (comédienne) – Elli Medeiros (artiste) – Médine (artiste) –
Marwan Mohammed (sociologue) – Mokobé (artiste) – Tarek Mouadane (fondateur de
l'association Bleu Blanc Rouge) – Nakk (artiste) – Princess Érika (artiste) – Zahia Rahmani
(écrivain) - Ali Rahni (militant associatif) – Adel Riame (chargé de communication pour
l'ambassade de Palestine en France) – Joss Rovélas (militant associatif) – Saadane Sadgui
(fondateur des JALB, Jeunes Arabes de Lyon et sa Banlieue) – Shuck One (plasticien) – Omar
Slaouti (militant associatif) – Scred Connexion (groupe de rap) – Skalpel (artiste) – Youkoff
(artiste) – Youssoupha (artiste) – Z.E.P (artiste)

 

avec le soutien de
Action Antifasciste Paris/Banlieue (AFA) – Aquitaine Décroissance – Centre d'Études et
d'Initiatives de Solidarité Internationale (CEDETIM) – Coordination Nationale Pas Sans Nous
– Fédération des Associations de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés (FASTI) -
Femmes en Luth – Groupe d'intervention et de soutien des immigré-e-s (GISTI) – Les
désobéissants – Liste des sans-voix – Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) – Réseau pour
une gauche décoloniale – Revue Mouvements – Union Juive Française pour la Paix (UJFP) -
Ali Aissaoui (médecin) – Jean Asselmeyer (Réalisateur, Directeur du Panorama du Cinéma
Algérien Nîmes) – Clémentine Autain (directrice de Regards et élue à Sevran) – Nadia Ben
Moussa (élue FDG à Villeneuve Saint Georges) - Mohamed Ben Yakhlef (élu Ensemble/FDG à
Villeneuve Saint Georges) - Olivier Besancenot (porte-parole du NPA) – Alima Boumediene
Thiery (militante associative et politique) – Henri Braun (avocat) - Laurent Cauwet (éditeur Al
Dante) – Insaf Chebaane (élue FDG à Villeneuve Saint Georges) - Omar Cheriguene (élu FDG à
Villeneuve Saint Georges) – Monique Crinon (Sociologue et philosophe) – Christian Darceaux
(militant altermondialiste décolonial) – Sonia Dayan Herzbrun (Sociologue, professeure à
l'Université Paris VII) – Christine Delphy (sociologue, féministe) – Judith Depaule (réalisatrice) –
Virginie Despentes (écrivaine et réalisatrice) - Cédric Durand (économiste) – Éric Fassin
(sociologue) – Nanou Ferrier (enseignante, militante) – Géraldine Franck (militante égalitariste) –
Laurent Gabaroum (syndicaliste) – François Gèze (Directeur de collection à La Découverte) –
Imen Guedda (élue FDG à Villeneuve Saint Georges) – Anouk Guiné (Groupe de Recherche
Identités et Cultures, Université du Havre) Éric Hazan (éditeur) – Imhotep (artiste, IAM) –
Matthieu Kassovitz (acteur, réalisateur) – Stéphane Lavignotte (pasteur) – Raphaël Liogier
(Professeur des universités, IEP d'Aix-en-Provence, Collège international de philosophie) – Nicola
Lo Calzo (photographe) – Frédéric Lordon (philosophe, directeur de recherche au CNRS) – Akli
Mellouli (élu) – Morgane Merteuil (féministe) – China Miéville (écrivain) – Ilham Moustachir
(conseillère municipale de Gonesse, vice-présidente de la communauté d'agglomération du Val
de France) – Bernard Noël (écrivain) - Océane Rose Marie (comédienne, auteure) – Olivier
Neveux (professeur d'études théâtrales) – Alexandre Piettre (sociologue) – Julien Salingue
(docteur en science politique) – Catherine Samary (économiste altermondialiste) – Michèle
Sibony (professeure, militante UFJP) – Patrick Simon (démographe) – Odile Schwertz-Favrat
(militante associative) - Karima Souid (Constituante franco-tunisienne, directrice de projet) –
Antoine Volodine (écrivain)

 

et à l'international
Association Genre et Migration (Belgique) – Bruxelles Panthères (Belgique) – Azira's way
(Belgique) – Fight Racism Fight Imperialism (Royaume-Uni) - Center for Constitutional Rights
(USA) – Ontario Coalition Against Poverty (Canada) - Salvage (Royaume-Uni) – Planners
Network (Canada) – Institute for Critical Social Analysis at Rosa Luxemburg Stiftung
(Allemagne) - Jacobin (magazine, USA) - Abolitionist Law Center (USA) - Community Justice
Project (USA) - Democratic Socialism (membre de United Left coalition -Slovénie) – Muslim
Identities and Cultures, University of California (Berkeley - USA) - Trayvon Martin Organizing
Committee (USA) - Action Against Black Genocide (USA) - Red Thread (Guyana) – Planners
Network International (Canada) - No One Is Illegal Toronto (Canada) – Toronto New
Socialists (Canada) - Socialist project Toronto (Canada) - Aoki Center for the Critical Study
of Race and Nation (UC Davis School of Law - USA) - US Campaign for the Academic and
Cultural Boycott of Israel (USA) - Faculty For Palestine (Canada), Caribbean Philosophical
Association (International) - Network for Police Monitoring (Royaume-Uni) - ATTAC/CADTM
(Maroc) - Social Text (review - USA) - Human Rights Network (USA) – HDK (Halkların
Demokratik Kongresi/Congrès démocratique des peuples, Turquie) – GIRA, groupe d'études
féministes et politiques (Université de Bahia, Brésil) – Decoloniality Europe (Pays-Bas) – The
Black Dissidents (Royaume-Uni)

 

Angela Davis (activiste américaine, professeure de philosophie) – Aminata Traoré (ancienne
ministre de la Culture du Mali, écrivaine) – Tariq Ramadan (professeur d'études islamiques à
Oxford) – Asma Lamrabet (directrice du centre d'études féminines en Islam, Maroc) – Marie
Nassif-Debs (professeur à l'Université libanaise, présidente de l'association "Egalité-Wardah
Boutros pour les Droits de la Femme") – Omar Radi (journaliste, Maroc) – Vince Warren
(executive director, Center for Constitutional rights) – Gay J McDougall (Leitner Center for
International Law and Justice) - Ramon Grosfoguel (professeur à l'Université de Berkeley)
Monica Adams (Freedom Inc.) – Nouria Ouali (professeur, ULB - Belgique) – Sunaina Maira
(Professor, University of California Davis, USA) – Rabab Abdulhadi (Professeur, Director AMED,
San Francisco State University, USA) – Zillah Eisenstein (ecrivaine, militante, professeur, USA) –
Nelson Maldonaro-Torres (professeur, ancien président de Caribbean Philosophical Association
-USA) – Howard Winant (Professeur, Directeur UC Center for New Racial Studies, Santa Barbara
-USA) – Minoo Moallem (professeur, University of California, Berkeley -USA) – Fatima El-Tayeb
(Professeur, Director Critical Gender Studies, University of California, San Diego, USA) – Jin
Haritaworn (Professeur, York University, USA) – Cei Bell (écrivain et artiste, USA) – Neferti
Tadiar (professeur, Barnard College, USA) – Nivedita Menon (Professeur, Jawaharlal Nehru
University, Inde) – Zulema Valdez (professeur, University of Calfornia, Merced, USA) – Kehaulani
Kauanui (Professeur, Wesleyan University Middletown, USA) – Jacqueline Nassy Brown
(Professeur, Hunter College and The Graduate Center, USA) – Norma Cantú (professeur, Latino/a
Studies, University of Missouri, Kansas City, USA) – Roshanak Kheshti (Professeur, Ethnic
Studies, University of California, San Diego, USA) – Sangeeta Ray (Professeur, University of
Maryland College Park, USA) – Dina Siddiqi (Professeur, Brac University, Bangladesh) – Piya
Chatterjee (Professeur, Chair Dpt. Feminist, Gender and Sexuality Studies, Scripps College -
USA) – Sirma Bilge (Professeur, Universite de Montreal, Canada) – Sharad Chari (professeur,
University of the Witwatersrand Johannesburg, Afrique du Sud) – Sheba Chhachhi (artiste, Inde)
– Hatem Bazia (National Chair, American Muslims for Palestine, Senior Lecturer, UC Berkeley -
USA) – Sima Shakhsari (professeur, Wellesley College, USA) – Tanya Boza (professeur,
University of California, Merced, USA) – Patricia Penn Hilden (Professeur Emerita, Native
American Studies, USA) – Norma Alarcon (Professeur Emerita, Chicana Studies, University of
California, USA) – Nighat Said Khan (Executive Director ASR Resource Centre and Dean of
Studies Institute of Women's Studies, Pakistan) – Nadine Nabor (professeur, University of Illinois
-USA) – Pratibha Parmar (film maker, USA) – France Winddance Twine (professeur, University
of California, Santa Barbara, USA) – Fouzieyha Towghi (Militante, Lecturer University of
California Berkeley, USA) – Taru Dalmia (musicien, groupe The Ska Vengers -Inde) – Samara
Chopra (musicienne, groupe The Ska Vengers -Inde) – Zakia Salime (Professeur de sociologie à
l'Université de Rutgers, USA) – Angela Harris (professeur, University of California Davis School of
Law, USA) – Suhraiya Jivraj (Senior Lecturer, Kent Law School, and activist, Royaume-Uni) –
Soraya Tlatli (professeur, University of California Berkeley, USA) – Jaribu Hill (Mississippi
Workers' Center for Human Rights, USA) – Ethel Brooks (Department of Gender Studies,
Rudgers University, USA) - Jane Gordon (The Carribean Philosophical Association, USA) –
Sunera Thobani (Critical Race and Postcolonial Feminist Theory Group, University of British
Columbia, Canada) – Ruth Wilson Gilmore (professeur, Associate Director du Center for Place,
Culture and Politics, University of New York, USA) – Maurice Moe Mitchell (membre du Black
Lives Matter) – Geneviève Rail (Institut Simone-De Beauvoir, Concordia University, Canada) –
Kristin Ross (essayiste, professeur de littérature comparée à la NY University) – Greg Albo (York
University, Toronto) - Sue Ferguson (Wilfried Laurier University, Waterloo, Canada) – Honor
Ford-Smith (York University, Toronto) – Kanishka Goonewardena (University of Toronto) –
Stefan Kipfer (York University, Toronto) – David McNally (York University, Toronto) - Hilary
Nicholson (Women's Media Watch, Jamaica) – Herman Rosenfeld (Socialist Project, Toronto) –
Alan Sears (Ryerson University, Toronto) – Anna Zalik (York University, Toronto)