mercredi 22 mai 2013

31 MAI 2013 : LE NUCLÉAIRE FAIT SA JUSTICE, DE VALOGNES À MONTABOT

 31 MAI 2013 : LE NUCLÉAIRE FAIT SA JUSTICE, DE VALOGNES À MONTABOT


Le week-end du 17 au 20 mai sera l'occasion d'inaugurer à Montabot (50),
un lieu collectif d'organisation contre le nucléaire et la ligne Très
Haute Tension Contentin Maine. Cette grange, située aux pieds de la ligne
bientôt en fonction, s'inscrit dans la continuité de plus de 2 ans de
lutte contre le nucléaire en souhaitant proposer un espace
d'organisation et de discussion pérenne.

En novembre 2011, quelques mois après la catastrophe de Fukushima,
quelques centaines de personnes se retrouvent à
Valognes (50) dans le but de perturber le départ d'un train de transport
de déchets nucléaires vers l'Allemagne. Dans ce contexte, ce camp était
l'occasion de relancer l'opposition au nucléaire. C'est sur les mêmes
bases d'horizontalité et d'action concrète qu'au Chefresnes une assemblée
se constitue pour lutter contre la ligne THT. Durant plusieurs mois des
liens se tissent localement mais aussi avec d'autres luttes contre des
projets d'aménagement du territoire (ZAD, Centre d'enfouissement à Bure,
Centrale à gaz à Landivisiau…), période pendant laquelle, les chantiers de
la ligne ont étés perturbés par des blocages, des déboulonnages et autres
sabotages. En juin 2012, dans cette continuité, un camp s'organise à
Montabot, occasion d'approfondir les réflexions sur le nucléaire et
d'organiser, le dimanche 24, une action contre la ligne.

Si ces deux ans de lutte ont été riches en rencontres et actions
collectives, ils ont aussi été marqués par la répression, qu'elle nous
touche physiquement, psychiquement ou quand elle tente de nous isoler face
à la justice. Le 31 mai 2013, nous appelons donc à venir soutenir deux
copains convoqués devant la Cour d'Appel de Caen.

—————————

PROCES A VENIR :

Ce 31 mai à 8h30, procès en appel des deux copains poursuivis
respectivement pour :
- A Valognes, en novembre 2011, intrusion sur les voies et détention de
fumigènes, refus de fichage ADN ; condamné en première instance à un mois
d'emprisonnement avec sursis pour le refus de fichage.
- A Montabot, en juin 2012, participation avec arme à un attroupement,
dissimulation du visage et refus de se disperser après sommation,
violences aggravées ; condamné en première instance à trois mois
d'emprisonnement pour les violences.

Le 11 juillet 2013, seront jugé-e-s à Laval les 5 militant-e-s
poursuivi-e-s pour avoir volontairement dégradé un pylône de la ligne THT
Cotentin Maine, et pour avoir participé sciemment au groupement que
constituait selon le parquet de Laval l'action du 28 avril 2012 à Saint
Cyr le Gravelais.

C'est pour ne pas laisser la justice individualiser que nous appelons à
toutes formes de solidarités.

Soutien financier : chèque à l'ordre de l'APSAJ – Association pour la
solidarité et l'aide juridique, APSAJ, 6 cours des alliés, 35000 Rennes.
RIB : 42559 00055 41020014732 07
IBAN : FR76 4255 9000 5541 0200 1473 207 / BIC : CCOPFRPPXXX



Tract/affiche à télécharger pour impression :
http://antitht.noblogs.org/files/2013/05/Document-1-page001.jpg

Article sur le blog de la lutte antiTHT : http://antitht.noblogs.org/879

samedi 18 mai 2013

Mobilisation au Tribunal de Saint-Nazaire Mardi 21 mai à 14H00

Relaxe totale pour Christian
Non à la criminalisation des opposants à Notre Dame des Landes


Le mardi 21 mai un camarade paysan est convoqué au tribunal de Saint Nazaire à 14h pour y répondre des inculpations de refus d'obtempérer et refus d'ADN. En effet le soir de la journée d'action «Sème ta zad», alors qu'il rentrait chez lui en tracteur, il ne se serait pas arrêté à un contrôle de police. Alors qu'il avait reçu une convocation classique  qui a suscité un appel à rassemblement, il a été arrêté chez lui (donc son identité était bien connue !) avec un déploiement de forces policières incroyable  -dix cars de gardes mobiles – , placé en garde à vue au nord est du département comme pour le mettre hors d'atteinte de toute solidarité venant de celles et ceux avec qui il vit et lutte, et enfin  après une nuit de cellule il a été retransporté à l'ouest du département à toute allure sous escorte pour y être inculpé ! Cela n'a pas stoppé la solidarité puisque nous avons tenu un rassemblement déterminé et joyeux devant la gendarmerie de Châteaubriand toute la journée jusqu'au milieu de la nuit avec musique et messages de solidarité pour contrer la manœuvre d'isolement tentée par la préfecture contre l'un des nôtres.

Ce procès constitue une preuve de plus du déploiement de tout l'arsenal juridico-policier et de la politique de harcèlement menée actuellement par les autorités contre les militants  et militantes qui osent s'exprimer et s'opposer à la politique d'aménagement du territoire de NDDL et qui sont quasi automatiquement mis hors la loi par l'acharnement de la police et des tribunaux.
Depuis le début de la lutte les contrôles d'identité se multiplient accompagnés d'arrestations et de gardes à vue. Ce sont environ 200 interpellations recensées par l'Equipe Légale depuis octobre 2012 avec pas moins de 46 procès dont 1/3 en comparutions immédiates. Il en va de même pour les contrôles routiers sur la ZAD et alentour, véritables harcèlements répétés des flics qui agissent sur ordre préfectoral contre la population avec pour résultat des amendes diverses et variées et la tentative de fichage généralisé.

Il s'agit de faire peur, de dissuader tous ceux et celles qui expriment une opinion opposée aux pouvoirs politiques en place. Il s'agit de criminaliser les individus qui osent dire non à ceux qui trônent dans les palais de la république et de la région, du département ou de la métropole !!! Plus largement, le nombre des prisonniers et prisonnières en France est passé de 35 000 au début des années 80 à 65 000 aujourd'hui. Ce sont les classes populaires qui sont frappées par cette logique du tout répressif.

Alors que les lois sécuritaires s'étendent de plus en plus au nom de l'anti terrorisme pour endiguer la révolte face à ce monde où règne le profit pour les uns et la misère pour les autres, tout mouvement social se heurte à une répression implacable de la part des fondés de pouvoir de la classe dominante. Un appareil répressif monstrueux se développe, depuis le sur- armement des policiers et le développement de brigades préposées à la provocation jusqu'aux fichages multipliés par le nombre de services policiers, sociaux, fiscaux ,médicaux, financiers, militaires et de plus en plus privés au service des multinationales. Si à l'origine, les criminels sexuels étaient la justification du fichage ADN, aujourd'hui il s'étend à tous les militantEs. Le nombre de personnes fichées augmente de manière exponentielle : au total il y avait 717 000 personnes fichées en 2008, nous en sommes à près de 3 millions à l 'heure actuelle. Il est possible de refuser le prélèvement ADN : d'après la loi sur l'inviolabilité du corps, le consentement de la personne est nécessaire. Mais ce droit est aussi un délit et un délit infini, car après une condamnation pour avoir refusé le prélèvement ADN la police peut vous redemander de nouveau de vous soumettre au prélèvement, et si vous refusez encore une fois vous êtes en situation de récidive, ce qui aggrave vos peines, et ainsi de suite tant qu'il y a refus.

Le champ juridique est un espace de lutte qu'il faut donc réinvestir. Aujourd'hui de nombreuses personnes se laissent condamner sans même chercher à contrecarrer ce dispositif de répression qui ne dit pas son nom... La justice rendue au nom de la république sert en fait les puissants et légitime leurs intérêts. Dans la lutte contre le projet d'aéroport, cette justice qui prétend défendre l'égalité, la liberté et la fraternité, sert systématiquement Vinci, Ayrault et autres politiciens nantais, à coups de condamnations, d'expulsions et d'expropriations. Ce n'est qu'au prix d'une mobilisation collective que la population réussira à inverser cette instrumentalisation des tribunaux. A la fois sur le terrain, en résistant pied à pied aux pelleteuses protégées par les flics, mais aussi en investissant l'anti-repression comme un aspect incontournable de la lutte.

Par notre mobilisation la plus massive possible en faveur de Christian aujourd'hui et des prochains inculpéEs de nos luttes demain, réaffirmons la légitimité de notre combat ! Ne laissons pas les camarades seulEs face aux juges et à l'empilement des lois plus répressives les unes que les autres !


Faisons nous entendre !
Solidarité avec Christian ! 
Solidarité avec les inculpéEs de Notre Dames des Landes et avec tous les résistantEs d'ici et d'ailleurs !

Soyons nombreux-ses au tribunal de Saint-Nazaire
Mardi 21 mai 2013 - 14H00

Comité Anti Répression Issue de la Lutte Anti Aéroport

lundi 22 avril 2013

Contre le fichage ADN – Soutien à Mikaël

Contre le fichage ADN – Soutien à Mikaël

Peu après la manifestation pour l'éducation nationale du 10 décembre 2008, Mikaël, lycéen de 19 ans en terminale, a été arrêté et placé en garde-à-vue durant 15 heures, pour avoir tenté de dégrader une poubelle à Saint-Nazaire. Lors de cette garde-à-vue, il a refusé de donner son ADN. Inculpé pour dégradation d'une poubelle au préjudice de la mairie de Saint-Nazaire, ainsi que pour refus de prélèvement ADN, il s'est vu infliger une peine, lors de l'appel, de 30 heures de TIG pour chaque infraction soit 60 heures au total.

À plusieurs reprises il a été convoqué pour prélèvement ADN par la gendarmerie, ce qu'il a refusé 4 fois, considérant qu'il en va de la préservation des libertés publiques et individuelles de chacun.

Plus d'un an après cette condamnation, (qui a eu lieu) en janvier 2011, il n'a pu effectuer ces heures car rien ne lui a été proposé contrairement au déroulement habituel délivré par les services du SPIP. Il est donc de nouveau poursuivi pour refus de prélèvement ADN et doit comparaitre le 7 mai 2013 à 14 heures au Tribunal de Grande Instance de Nantes. Il doit également se présenter devant le Tribunal de Grande Instance de Nantes le 27 juin 2013 à 14 heures pour ne pas avoir effectué sa précédente condamnation.

Tout contrevenant à un prélèvement ADN est condamnable à 1 an de prison et 15000 euros, soit beaucoup plus lourdement que la tentative de délit dans le cas présent. Dans le cadre des TIG l'article 434-42 du code pénal prévoit que « la violation, par le condamné, des obligation résultant de la peine de travail d'intérêt général prononcée à titre de peine principale ou de peine complémentaire est punie de 2 ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende ».

137 infractions relèvent du fichage ADN. À l'origine, les criminels sexuels en étaient la cible, maintenant cela s'étend aux militants syndicalistes, écologistes (faucheurs d'OGM) jeunes (blacks, beurs et blancs dits « marginaux »)… Les délits financiers sont bien sûr exemptés de ce prélèvement… Le nombre de personnes fichées augmente de manière exponentielle : au total il y avait 717 000 personnes fichées en 2008, nous en sommes à près de 3 millions à l 'heure actuelle.

Il faut savoir que la conservation de l'ADN dans le FNAEG (Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques) est de 40 ans, qu'il y ait eu condamnation ou simple suspicion.

Il est possible de refuser le prélèvement ADN : le consentement de la personne est nécessaire, d'après la loi sur l'inviolabilité du corps (art. 16-1, issu de la loi n° 94-653 du 29 juillet 1994 du code civil). Mais ce droit est aussi un délit et un délit infini, car après une condamnation pour avoir refusé le prélèvement ADN la police peut vous redemander de nouveau de vous soumettre au prélèvement, et si vous refusez encore une fois vous êtes en situation de récidive, ce qui aggrave vos peines, et ainsi de suite tant qu'il y a refus.

Soutenons le refus de se soumettre au prélèvement ADN et à son fichage et souvenons- nous : "Une société qui est prête à sacrifier un peu de sa liberté contre un peu de sa sécurité, ne mérite ni l'une ni l'autre, et perdra les deux." (Benjamin Franklin)

SOUTENEZ MIKAËL:
VENEZ NOMBREUX
À 14 HEURES LES 7 MAI ET 27 JUIN
AU TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE NANTES

Comité de soutien à Mikaël : comitesoutienmikael@gmail.com

dimanche 14 avril 2013

Guide du manifestant arrêté mis à jour

http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article5403

contrôles d'identité : vos droits


Edité pour la première fois en avril 2005 par le Syndicat de la Magistrature, le « Guide du manifestant arrêté » a été mis à jour, enrichi, illustré et mis en ligne en mars 2013. Pour tout savoir sur vos droits si vous êtes contrôlé, arrêté, accusé, jugé en comparution immédiate, fiché ...

Parties à consulter si vous êtes :

• arrêté
• accusé
• jugé en comparution immédiate
• fiché

Téléchargement du guide : http://www.guidedumanifestant.org/.

samedi 6 avril 2013

Amal Bentounsi/ communiqué de solidarité

Soutien à Amal Bentounsi !

Amal Bentounsi a été convoquée le mercredi 20 février 2013 devant la
police pour « diffamation envers une institution représentant l'autorité
publique ». Une plainte déposée par le ministre de l'Intérieur Manuel
Vals lui reproche certains contenus de son blog :

http://www.urgence-notre-police-assassine.fr/

Son frère Amine Bentounsi a été tué le 21 Avril 2012 d'une balle dans le
dos par un policier depuis mis en examen pour homicide volontaire.
Gyrophares allumés, une centaine de voitures de police avait alors
bloqué les Champs Elysées le 26 avril 2012 pour défendre leur collègue.
Quant à Nicolas Sarkozy, il avait préconisé, en leur répondant, la
nouvelle notion de « présomption de légitime défense ».

Souvenons-nous que Sarkozy s'était déjà attaqué à Hamé du groupe de rap La Rumeur qui
avait écrit que « (...) les rapports du Ministère de l'Intérieur ne
feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de
police sans qu'aucun des assassins n'ait été inquiété ». Au bout de 8
ans de procédure l'Etat a été débouté de son action.

En s'attaquant au combat d'Amal Bentounsi pour rendre la vérité et
justice à son frère assassiné, Manuel Vals ne change pas de politique
par rapport à ses prédécesseurs sarkozystes.

Nous, soussigné(e)s, dénonçons cette nouvelle tentative de mettre en
cause la liberté d'expression. Nous, nous déclarons solidaires d'Amal
Bentounsi, exigeons le retrait de la plainte de Manuel Vals et l'abandon
de toutes poursuites judiciaires éventuelles contre Amal Bentounsi.

Le 5 mars 2013


Contact: solidariteab@free.fr

jeudi 14 mars 2013

Un an et demi qu'on nous emmerde, des nouvelles de l'affaire de Labège




Le 14 mars aura lieu le procès pour les refus d'ADN suite aux arrestations du 15 novembre 2011. C'est le moment pour nous de faire un petit point sur plus d'une année sous mains de justice. Plus d'une année d'écoute, de filature, de contrôle judiciaire... bref des mois d'emmerdes. Des emmerdes pour les personnes directement impliquées dans l'affaire mais aussi tou.te.s leurs proches, ami.e.s et connaissances. 
Nous prenons la parole, nous qui aimerions nous occuper de bien d'autres choses que d'accusations fumeuses et de leurs conséquences. 



Mais pourquoi tout ça au fait ?

Le 05 juillet 2011, en fin de matinée, un groupe d'individu.e.s s'est invité dans les locaux de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) à Labège (31). Iles y sont resté le temps de signifier à cette institution, et à son personnel, le dégoût qu'elle leur inspire. En solidarité avec les jeunes mutin.e.s qui ont osé se révolter en mai de la même année dans l'Établissement Pénitentiaire pour Mineurs (EPM) de Lavaur, co-géré par l'Administration Pénitentiaire (AP) et … la PJJ. 
Une enquête est immédiatement ouverte. Dès le 13 juillet, le procureur de la république Valet nomme Didier Suc, juge d'instruction pour cette affaire. Il s'agit d'une information suivie contre X, pour des faits de :
Participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens à Labège le 5 juillet 2011
Violence commise en réunion sans incapacité à Labège le 5 juillet 2011
Dégradation ou détérioration du bien d'autrui commise en réunion à Labège le 5 juillet 2011
Lisons donc : tags, déversement de lisier et insultes. C'est dans ce jargon, une fois digérés par la justice, que sont retranscrits et donc criminalisables des moyens évidemment légitimes d'affirmer sa solidarité avec celles et ceux qui se révoltent.

Les quatre premiers mois de cette enquête sont soldés par une opération massive de gendarmerie à Toulouse, le 15 novembre 2011. Les flics ont perquisitionné sept lieux de vies, interpellé une quinzaine de personnes et embarqué un paquet d'affaires. Sept personnes sont mises en garde-à-vue, six sont présentées au juge d'instruction. Cinq d'entre elles sont mises en examen, quatre atterrissent directement à la Maison d'Arrêt de Toulouse-Seysses pour 2 à 3 mois de détention provisoire. La cinquième est dehors, sous contrôle judiciaire. La sixième reste « libre », avec un statut de témoin assisté. Et la septième est lavée de tout soupçons grâce à un alibi béton et vérifiable.
Jusqu'à aujourd'hui, aucune avancée, aucune nouvelle, aucune convocation, rien, juste une menace diffuse pour les présumé.e.s coupables de retourner en prison, pour leurs proches d'être associé.e.s à cette affaire et pour tout le monde de voir les flics débarquer dans nos maisons. On sait aussi que cette instruction sert à venir piocher des infos sur tout un tas de personnes « affiliées » à la mouvance fantoche ultra gauchiste toulousaine, et qu'on a écopé d'une surveillance continue de tous les espaces et acteur/ices de luttes pour une durée indéterminée.  


Crachez ici !

Aujourd'hui c'est le procès du refus d'ADN. C'est la punition pour avoir refusé le fichage systématique. Triste ironie quand on sait que ce refus à officiellement justifié les placements en détention provisoire alors que les ADNs ont quand même été pris sur les gobelets, fourchettes et mégots utilisés pendant les GAV. Viendront donc à la barre les cinq mises en examen, le témoin assisté et la personne mise hors de cause. Les raisons de ce refus sont connues mais nous pouvons les répéter encore. 
Nous constatons que le prétexte de la preuve ADN sert une volonté de fichage généralisé de la population entière. Cette découverte scientifique qui consiste à attribuer un profil unique à chaque être vivant est tellement complexe qu'elle en est opaque. C'est évidemment plus simple de nous faire accepter des choses quand on y comprend rien. On nous a d'abord dit que c'était pour ficher les « vrai.e.s criminel.le.s », les « dangereux/dangeureuses », or ce sont près de 3 millions de personnes qui sont maintenant inscrites à vie dans le Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques. Pas de présomption d'innocence pour ces gens, il y a les parfait.e.s et les autres, celles et ceux qui sont déjà passé.e.s par la case GAV. 
Et ça ne s'arrête pas là, ou plutôt ça n'a pas vraiment commencé par là, les animaux non humains sont eux aussi fichés. Chaque être vivant peut donc être identifié, géré dans une base de données, intégré dans un calcul de statisticien, contrôlé et tracé. Un énorme marché presque intarissable car il y aura toujours de nouvelles personnes qui naissent et des nouveaux nés animaux. Concepteurs de logiciels de gestion, fabricants de matériel de prélèvement et matière grise de labo s'en frottent les mains. 
Outre l'aspect économique, être fiché individuellement ne concerne pas que nous. Nos parents et enfants sont directement mis dans la case « de la famille d'un.e présumé.e coupable » grâce à certains marqueurs qui constituent notre profil génétique. Se dire qu'on peut passer entre les mailles du filet pour s'en sortir un peu moins pire devient presque impossible. On friserait presque la récidive si nos aïeul.le.s ont commis des broutilles hors du cadre légal. Au final, tout le monde est fiché, pas que les « coupables », pas que les « suspecté.e.s d'un jour », pas que les « témoins » comme la police et la justice tentent de le justifier. 
Refuser que des mecs ou des nanas en bleu nous mettent un coton tige dans la bouche est assez facile, en assumer les conséquences fait un peu peur. On s'expose alors à des procédures judiciaires, autre espace opaque et inquiétant de l'arsenal répressif. On nous dit 15OOO euros d'amende et un an d'emprisonnement. En réalité les personnes qui ne sont pas relaxées pour ce délit, car ça arrive plus souvent qu'on ne le croie, écopent souvent d'une amende ou de peine avec sursis. Mais même si on encourt des peines légères, être reconnu.e coupable de ce délit veut dire risquer la récidive à chaque GAV. Quelque soit la suspicion de délit pour lequel on y est amené. Et plus on sera nombreu.ses.x à refuser, plus ce sera difficile de nous poursuivre...

Parmi les épées de Damoclès qui planent au dessus de nous, il y a donc ce procès pour refus de prélèvement des empreintes génétiques, mais il y a aussi l'instruction et ses mesures coercitives, le contrôle judiciaire en est une.


Du contrôle, judiciaire, mais pas que...

Pendant que le Didier Suc cherche suffisamment d'éléments pour justifier 20 mois d'enquête, les cinq mis.e.s en examen sont sous contrôle judiciaire. Cela va de l'obligation de résider chez les parents, de pointer toutes les semaines au commissariat, à l'interdiction de se voir et de sortir du territoire. Ces mesures restrictives ne sont pas les mêmes pour tout le monde, une incohérence de plus qui prouve le caractère aléatoire et opportuniste  de cette justice. Évidemment, elle tente encore d'isoler, d'atomiser et d'éviter toute réaction collective face à des accusations. S'institue alors la temporalité de l'instruction, faite d'immobilisme et de longue attente où un des moyens pour mettre en place un rapport de force passe par le juridique. Des demandes d'aménagement et de main levée de contrôle judiciaire sont répétées, le juge d'instruction et le parquet maintiennent la pression. Une fois de plus on voit une procédure basée sur des intimes convictions de juges et de procureurs voulant absolument faire peur et faire réfléchir à deux fois avant de lutter. Prouver que des gens sont coupables ou innocents ne les intéresse que très peu. Susciter l'immobilisme et le formalisme, voire la résignation de tou.te.s les pauvres et les agité.e.s, en revanche leur tient à cœur. Rester solidaires et faire bloc ensemble est un autre moyen de lutter face à la machine judiciaire et ne pas trop se laisser écraser. 
 On vous tiendra au courant quant aux suites de ces démêlées judiciaires même si nous n'en n'attendons rien. 


Nous ne sommes pas les seules dans cette situation, nous sommes bien conscien.te.s que nous avons les moyens de nous exprimer, dans certains réseaux et de demander de la solidarité. On aimerait juste que ces histoires judiciaires, concernant un certain milieu, ne nous fassent pas oublier la somme énorme de personnes qui se prennent la massue du code de procédure pénale dans la gueule. 

Un gros big up à elles et eux. 

contact : nonalepm [arobase] riseup [point] net

« La justice nique sa maire, le dernier juge que j'ai vu avait plus de vices que le dealer de ma rue... » 
ou 
On les emmerde 

Des proches des inculpé.e.s de Labège.

mercredi 20 février 2013

 Il est intéressant de voir comment des "non-nazairiens" vivent une séances au tribunal de Saint-Nazaire, et la façon dont il perçoivent que la justice est rendue, ou plus exactement que la répression est servie dans notre bonne ville. La façon dont le tribunal local traite les témoins est symptomatique de ce que nous avons déjà pu écrire à propos d'une justice à géométrie variable, ces jugements de cour qui selon que vous serez faible ou puissant vous rendrons blancs ou noirs comme le disait déjà La Fontaine.

Le Témoignage d'Hérvé Kempf, publié sur le site http://reporterre.net/spip.php?article3842 est éloquent à plus d'un titre sur ce qu'il faut bien nommer une justice de classe.

Libertés

Notre Dame des Landes : le procès de la liberté





Le 12 février à Saint Nazaire, Elise et Erwan comparaissaient devant le tribunal. Leur crime ? Avoir "outragé" les gendarmes surarmés qui investissaient le bocage de Notre Dame des Landes en manifestant nus. Hervé Kempf (Reporterre) - 13 février 2013

- Reportage, Saint Nazaire
Je me rends au procès d’Elise P. et Erwan T. « La citation à témoins » que j’ai reçue indique que j’ai « à comparaître devant le tribunal correctionnel de Saint Nazaire » le 12 février à 14 h « en qualité de témoin pour y être entendu dans l’affaire concernant Madame P. [je n’indique pas les noms] et Monsieur Erwan T. poursuivis pour avoir à Notre Dame des Landes (44), le 23 novembre 2012, outragé par gestes non rendu public une personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions en l’espèce en déambulant entièrement dénudé ».
Le vendredi 23 novembre, une semaine après la grande manifestation populaire du 17 à Notre Dame des Landes, l’Etat avait lancé une nouvelle opération policière, très brutale, sans doute pour signifier qu’il restait maître du terrain. Dans la boue et le froid, une guerilla de deux jours s’enclenchait sous les nappes de gaz lacrymogène, avant que, dimanche soir 25 novembre, une cinquantaine de tracteurs viennent former autour de la Chataîgneraie une barrière protectrice. Face à la violence policière, Elise et Erwan, qui s’étaient rencontrés quelques jours auparavant, décidèrent de manifester nus.
Le 24 novembre, Elise et Erwan recommencent leur action, joints par deux autres zadistes, dont Baptiste. La police réagit sauvagement, les aspergeant à bout portant de gaz lacrymogène. Voici le témoignage de Baptiste.
C’est cependant seulement le geste du 23 novembre qui est poursuivi.
Elise a expliqué sa démarche de façon claire : « Pourquoi nue ?
Je souhaite m’exprimer au travers de cette lettre, pour ne rien omettre, ni tordre mon discours, car il est en ce moment, entendu et peut être mal compris. Il existe plusieurs raisons pour lesquelles j’ai posé nue.
En choisissant ce geste, cette forme d’expression, j’ai souhaité créer un contraste indiscutable face au surarmement déployé censé encercler un lieu aussi nu que moi. Cela éveille chez moi un besoin indispensable de m’exprimer au nom de la nature, dans laquelle j’inclue l’humanité.
Je ne vois pas comment faire passer le message autrement que nue. Etant aux côtés de la nature, de la forêt, de sa faune et de toute sa diversité, en proie à la destruction programmée, je ne peux me défendre qu’aussi nue qu’elle.
Si moi j’ai pu outrer quelqu’un, moi je les accuse, au nom de la forêt, de la mettre en danger. Comment au jour d’aujourd’hui, sachant ce que l’on sait sur le réchauffement climatique, sur le pic pétrolier, sur la croissance à tout prix et j’en passe, peut-on laisser l’humanité s’autodétruire en faisant disparaitre un lieu qui n’a demandé qu’à être là pour maintenir le fragile équilibre de notre écosystême ?
Qui aujourd’hui peut m’apporter les raisons valables de ne pas m’opposerer à la destruction de cette parcelle fondamentalement nécessaire à l’équilibre naturel du département ?
Je me bats aux côtés de la nature, en son nom et dans sa forme. Nue.
En tant qu’être humain, je ne suis pas capable de m’exprimer haut et fort pour convaincre, je ne suis pas capable de combattre avec les armes, quelles qu’elles soient, de notre société.
La seule chose que je peux faire et que je sais faire, c’est de me mettre à armes égales avec la nature, pour faire passer son message, à savoir l’innocence, la vulnérabilité et le besoin... Le besoin de notre attention à tous. Et espérer que ce message soit plus entendu à travers ma voix qu’à travers la simple présence de la nature. Puisque ce monde n’entend que la voix des humains.
Camille à Couettes (Elise) ».
Elle s’explique aussi en interview : écouter ici

Erwan et Elise, le 12 février
Il y a environ quinze jours, Baptiste m’a proposé de venir témoigner au procès. L’avocat d’Elise et d’Erwan, Me Le Moigne, m’a appelé peu après pour officialiser cette proposition. J’ai accepté sans trop d’hésitation. Je ne suis pas un témoin des faits, mais ce qu’on appelle, je crois, un témoin de personnalité, apte à replacer le délit présumé dans un cadre plus large. Il avait été question de trouver d’autres témoins pour enrichir la barre de ce procès évidemment politique, mais le temps a manqué de mon côté pour en chercher, et il en est allé de même, manifestement, du côté de Me Le Moigne.
Cela me fait un peu bizarre d’aller témoigner ainsi. Je ne crois pas que ma personne impressionnera fort la cour (à moins, hypothèse peu probable, que les juges aient lu L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie), il faudrait des personnalités plus notoires, plus reluisantes. Mais partons du postulat que cette démarche peut être utile.
Je n’ai guère hésité, car il ne s’agit pas d’un procès visant à décider si le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes doit ou non se faire, mais du procès d’une forme non-violente de manifestation dans le cadre d’une lutte évidemment publique et dont les enjeux sont légitimement controversés. Autrement dit, c’est un procès qui concerne la vie démocratique, qui concerne les libertés publiques.
Mardi 12 février. Après le petit déjeuner, on se rend dans le cabinet de l’avocat, Maitre Le Moigne, sis à Saint Nazaire. Celui-ci explique aux prévenus l’aspect juridique du procès. « Pour que l’outrage soit constitué, selon le Code pénal, il faut atteindre une personne directement. Là, le commandant, qui se plaint, n’a pas été spécifiquement ciblé. Le point de droit est là : il n’y a pas d’atteinte à la dignité d’une personne ». Erwan et Elise, qui n’ont jamais pensé outrager quiconque, raisonnent autrement : « Notre but n’était pas de déambuler devant eux, dit Erwan, mais d’être entre eux et les barricades. De leur montrer la fragilité des gens comme de la forêt ». Elise : « Pour moi, c’était une poésie. La poésie est jugée par beaucoup comme inutile, ou futile – mais pas du tout ! Il s’agissait de faire passer le contraste entre leur surarmement et la vulnérabilité humaine et naturelle. Qui va parler du lieu ? C’est lui qui est outragée. La forêt, personne ne l’entend. Elle crie qu’elle ne va pas bien ».
Dans la discussion, on se rappelle qu’Elise a été frappée par les gendarmes, qu’elle a eu deux hématomes – dont attestent des photos -, le 23 novembre au bras, le 24 à la cuisse.
Dehors, on discute un peu sur le trottoir. Elise me dit qu’elle a toujours vécu dans la région. Depuis près de dix ans, elle élève des chevaux. Mais elle manquait d’espace. Il y a cinq mois, elle a pu s’installer – avec Olivier, son mari, qui est informaticien – non loin de Notre Dame des Landes, sur 5 hectares, avec ses quatorze chevaux (il a fallu en vendre pendant l’hiver, qui a été beaucoup trop humide). Ce qui se passait sur la Zad l’a tout de suite attirée, elle y a été avec une petite caravane. On discute aussi des enfants, elle en a trois, de deux, cinq et huit ans. Elle veille à, comment dire, ne pas les endoctriner, pour qu’ils restent libres de choisir quoi penser, plus tard. Dans le village, quand il y a eu l’histoire dans les journaux sur son acte poétique, ses voisines, les autres mères à l’école, ont été en sympathie avec elle, l’ont soutenue.
Non loin de là, sur une espèce de place, un pique-nique de soutien a été organisé. Il y a de la soupe chaude, plus d’une centaines de personnes, venues de la Zad et de Saint Nazaire, on discute, on se retrouve.

Je tombe sur Eric, paysan dans le Var, fabricant d’un délicieux pistou, que j’avais croisé voici quelques années. Il est venu avec les marcheurs partis de Nice et qui sont arrivés dimanche. Je discute avec Fatima et Patrice, d’une radio alternative toulousaine, Radio Canal Sud : ils sont venus voir ce qui se passait sur la Zad.
« En ce moment, dit Fatima, le slogan, c’est ‘Tousse ensemble’, il fait froid, tout le monde a le rhume ». Je discute avec Fred qui vit sur la Zad : son beau chien nous fait entrer en conversation. Fred me dit qu’en ce moment, les gendarmes ou les CRS sont carrément provocateurs, ils injurient ceux qui sont sur les barricades de manière vulgaire et provocante, c’est stressant. On discute de l’avenir, des risques d’expulsion.
Plus loin, on se maquille : torse dénudé, on se peint des slogans ou le symbole de la lutte, un panneau d’interdiction de stationnement des avions.

Mais il est l’heure d’aller au tribunal, à quelques centaines de mètres de là. La salle d’audience est vaste et moderne.
La première affaire appelée concerne une histoire pitoyable, impliquant deux perdants de la vie, tous deux classés adultes handicapés pour motif psychique. L’un, conducteur d’engins – il ne travaille plus depuis 2005 -, a enchainé courtes peines de prison et séjours psychiatriques. L’autre, c’est à peu près pareil, mais il était dans une phase tranquille depuis un an et demi. Ils se sont rencontrés à Angers, où le premier – un grand et fort barbu – a convaincu l’autre – mince et crâne rasé - de l’accompagner à Notre Dame des Landes où se déroulait, selon lui, une rave-party succédant à la FestiZad de début janvier. Ils embarquent dans un taxi, dont le chauffeur n’a pas hésité à les emmener, le prix de la course étant fixé au départ et, je crois, payé. Mais arrivés sur la zone, ils ne savent où aller, errent sur les routes, le chauffeur s’inquiète, leur propose de les ramener à Nantes ou de le laisser là, le ton monte, ils finissent par faire arrêter la voiture et à cogner le conducteur. Celui-ci a passé le plus sale quart d’heure de sa vie, parvient à s’échapper et à se réfugier dans une maison d’où l’on appelle la police.
Les discours des deux prévenus ne brillent pas par leur cohérence. Un avocat plaide l’irresponsabilité, l’autre recommande l’obligation de soins. Leur argumentation ne convainct pas la cour, qui suit le procureur, et assène les peines : deux ans et trois ans fermes, avec maintien en détention.
C’est le tour d’Elise et Erwan. Ils sont appelés à la barre. Moi, comme témoin, je quitte la salle et vais dans le hall du Palais de justice. A travers la fenêtre, on voit que dehors, la foule chahute et chante. Une trentaine se sont dénudés le torse et parfois les jambes, et chantent, malgré le froid. Une pancarte rappelle le bon sens : « Etre nu, c’est naturel, pas criminel ».

Mais je suis déjà rappelé. Je vais à la barre. Le président me demande de me présenter, puis ce que j’ai à dire. Je commence à parler, mais il m’interrompt rapidement : « Nous ne sommes pas là pour parler de Notre Dame des Landes, mais du délit d’outrage. – Je ne parle pas de ce projet, Monsieur le Président, mais du contexte sur les personnes dépositaires de l’autorité publique… » Il m’interrompt à nouveau, je retente de parler, il me coupe.
Maitre Le Moigne se lève et lui demande de me laisser parler. J’indique : « Je ne parlerai que cinq minutes, Monsieur le Président, si on ne m’interrompt pas. » C’est tendu, incorrect. Heureusement, je sais ce que je veux dire, et ne suis pas trop déstabilisé.
Je rappelle qu’en tant que journaliste, j’ai mis à jour deux informations sur Notre Dame des Landes. L’une, que l’ancien préfet de Loire-Atlantique au moment de l’enquête publique et du lancement de l’appel d’offres, a ensuite été embauché par Vinci. Voilà qui peut répandre chez beaucoup de nos concitoyens un doute légitime sur l’impartialité des personnes dépositaires de l’autorité publique. L’autre, qu’il y a eu manipulation sur des prévisions de trafic dans le dossier d’enquête d’utilité publique. Voilà qui peut répandre chez beaucoup de nos concitoyens, répété-je, un doute légitime sur l’impartialité des personnes dépositaires de l’autorité publique.
Ensuite, j’observe que de très nombreuses images de personnes nues sont répandues à foison par les télévisions, les affiches, les magazines, sans que l’on considère qu’il s’agit d’un outrage à l’égard des femmes, dont la représentation est pourtant le plus souvent sexiste, ou des enfants.
Je dis ensuite qu’en novembre, des députés européens et français ont pénétré illégalement dans une maison proche de Notre Dame des Landes, appartenant à Vinci, et qu’ils n’ont pourtant pas été poursuivis pour cet acte manifestement illicite.
Enfin, et c’est le point essentiel, on reproche à des opposants de répondre parfois violemment à des interventions policières, en les traitant parfois de ‘terroristes’, d’’anarchistes’, d’’étrangers’, mais si on leur reproche aussi de répondre par la non-violence – car qu’y a-t-il de moins violent que de s’exposer nu ? -, cela signifie que l’on interdit toute manifestation, toute liberté de manifester.
J’ai à peine fini cette phrase que le président, qui a toujours détourné le regard pendant mon témoignage, assène : « Les cinq minutes sont écoulées ! ». Je ne peux que répondre : « Merci Monsieur le président d’avoir compté le temps », et je vais m’asseoir sur un banc, secoué par la sécheresse de l’échange.
La suite s’enchaine rapidement. Me Le Moigne demande le visionnage de la vidéo montrant ce qu’ont fait Erwan et Elise le 23 novembre. La procureur s’y oppose, et le président la suit.
"Et ça les rend ridicules, les forces de l’ordre"
C’est à la procureur de présenter son argumentation. « Il y a un mot du témoignage du monsieur [c’est moi] tout à l’heure, le ‘contexte’. On ne peut pas faire abstraction du contexte, qui est celui de Notre Dame des Landes. On a taxé le ministère public de choix dans les poursuites, avec ‘l’outrage’. Mais ce choix n’est pas fait parce que l’acte est non-violent : le ministère public a l’opportunité des poursuites. On nous dit qu’avec le terme de ‘terroristes’, il y a stigmatisation des personnes. Sous-entendu : les prévenus seraient poursuivies par assimilation avec ces personnes. Non. Il y a bien poursuite parce qu’il y a outrage.
« On nous dit qu’il n’y a pas d’élément intentionnel. Cette affirmation n’est pas admissible. Qu’il n’y a pas d’élément matériel. Il n’y a aucune difficulté à prouver le contraire. »
Elle revient au texte du dossier : « Mme P. est venue en véhicule jusqu’au carrefour et dit, ‘là on a décidé de se déshabiller’. On est loin de la poésie. C’est un comportement délibéré. Et ça les rend ridicules, les forces de l’ordre. C’est une protestation qui n’est pas violente, mais qui est très délibérée. » Et elle demande « d’entrer en voie de condamnation », requérant un mois de prison avec sursis et 200 euros d’amende.
C’est au tour de Me Erwan Le Moigne de mener sa plaidoirie. Il va parler d’une voix dense et claire.
"Comme la salle, commence-t-il, j’ai envie de sourire. En 2013, poursuivre des personnes qui ont eu le courage de se mettre nus est déplorable". Il montre la couverture d’un récent numéro de Courrier international qui montre que dans de nombreux endroits du monde, en Egypte, en Ukraine, en Iran, des femmes se sont dénudées pour manifester.

"Sommes-nous en 1965, quand Louis de Funès, dans Le gendarme de Saint Tropez poursuivait les nudistes sur la plage ? Là, sur les photos du dossier, on voit que les gendarmes ne se sentent pas outragés, ils ont plutôt le sourire !"
"Dans un dossier aussi lourd, avec des policiers surarmés, on voit des jeunes gens dans le plus simple appareil, simplement pour dire, ’Ca suffit’. Le 23 novembre, je le rappelle, il y avait plus de 500 gendarmes sur le terrain, venus détruire les cabanes. Ce n’était pas rien.
"Ils disent qu’ils ont voulu rappeler l’essentiel, qu’ils se sont mis nus pour exprimer la liberté. Eh bien, rappelez le grand tableau de Delacroix, La liberté guidant le peuple, si chère au coeur des Français. La liberté y est représentée nue."

"Ce dossier, dit-il, c’est l’outrage à la liberté".
Il rappelle ensuite que le délit d’outrage participe de la répression des mouvements sociaux, et qu’il a été dénoncé dès 2008 par des intellectuels et des citoyens dans une pétition.
Il entre ensuite dans le détail juridique du procès, démontrant que les éléments matériels du délit ne sont pas constitués. "L’outrage, c’est cibler une personne. Là, une vingtaine de gardes mobiles étaient présents. Tous auraient dû porter plainte. Celui qui a porté plainte, le commandant Pierre Morant, a-t-il été outragé personnellement ? Non. Donc il n’y a pas d’élément matiérie. C’est là le point essentiel."
Me Le Moigne se rassied. La procédure veut que les prévenus aient le dernier mot. Le président leur demande s’ils ont quelque chose à ajouter. "Ne démolissez pas la plaidoirie de l’avocat", glisse-t-il. Erwan est bref : "J’espère que cela a été suffisamment clair pour que nous obtenions la relaxe".
Le président met en délibéré au 5 mars. Il faudra attendre jusque-là le verdic.
Tout le monde sort. Elise est sonnée. Elle a été tétanisée par la foule, par la salle, et n’a presque pas pu dire un mot de l’audience. Erwan et Le Moigne répondent aux journalistes. Dehors, chants et cris redoublent, cela réchauffe le coeur.

Elise et Me Erwan Le Moigne
On sort par une sortie arrière et on rejoint les amis. Une trentaine se sont mis nus, Erwan et Elise les rejoignent.

Il y a quelques prises de parole. Erwan : "Je me rends compte à quel point c’était difficile, plus que ce que je croyais." et il évoque les autres opposants à l’aéroport qui sont poursuivis ou en prison, et qui n’ont pas bénéficié du même soutien.
Tout le monde discute, dans la bonne humeur, avant de se disperser.

Source : Hervé Kempf pour Reporterre

vendredi 8 février 2013

Répression contre la lutte anti-aéroport Procès le 12 février 2013 à Saint-Nazaire

Mobilisation des 11 et 12 février autour du procès des 2  Camilles



Soirée du 11 février :
Projection débat" Notre Dame Des Luttes" à Agora salle RG Cadou (soirée prix libre) à 20h30

21h lancement de la diffusion de "Notre Dame des Luttes"

22h questions réponses avec la salle/ passage de micro à Erwan et Elise/Hervé Kempf

23h fin de la soirée

Journée du 12 février : Procès pour outrage

11h rendez-vous place de Notre Dame Des Landes
(Fontaines- Centre République- en cas de pluie un peu abrité-e-s pour déjeuner)

12h  conférence de presse : pique-nique /soupe populaire par le comité de Vannes/atelier de maquillage /musique ?

13h arrivée des tracteurs : nous convergeons toutes et tous vers le tribunal

14h début du procès



Rappel des faits 


samedi 17 novembre : Elise et Erwan se rencontrent lors du rassemblement de réoccupation où sont venues plus de 30 000 personnes.

lundi 19 novembre : Elise et Erwan, ou Camille à couettes et Camille à barbe, envisagent de se mettre nues devant les barricades pour tenter d'empêcher les gendarmes d'attaquer. 

vendredi 23 novembre : plus de 500 gendarmes tentent de vider la zone. Camille à couettes et Camille à barbe qui ne sont pas arrivées suffisamment tôt ce jour là avancent tant qu'elles le peuvent. Lorsqu'elles sont bloquées par le cordon que forment les gendarmes, elles se déshabillent et essayent tranquillement de passer. Elles sont alors embarquées. Les gendarmes enregistrent leur identité et leur remet une convocation.

samedi 24 novembre : Camille à couettes et Camille à barbe trouvent d'autres Camille prêtent à essayer d'avancer à quatre pattes presque nues vers les gendarmes pour rendre clairement visible la violence disproportionnée dont ils font usage.
Elles s'en vont ensuite à Nantes où elles se montrent torses nus avec l'inscription "ESPECE MENACEE".


lundi 26 novembre : Camille à couettes et Camille à barbe répondent à la convocation qui leur a été adressée par les gendarmes. Ils veulent les inculper pour exhibitionnisme sexuel. Camille à couettes se laisse prendre au piège et accepte même le prélèvement d'ADN puisqu'elle sera alors considérée et fichée comme délinquante sexuelle. Camille à barbe oppose son refus.

mercredi 28 novembre : Camille à couettes et Camille à barbe répondent une nouvelle fois à la convocation qui leur a été adressée. Le procureur a choisi d'abandonner les poursuites pour exhibitionnisme mais cherche à qualifier les faits en outrage. Camille à couettes et Camille à barbe refusent.


mardi 12 février : Camille à couettes et Camille à barbe sont convoquées à 14h au tribunal de Saint-Nazaire. Elles espèrent votre soutien.
NB : Ce jour là, Camille à couettes fêtera son anniversaire.

Tous les détails



dimanche 13 janvier 2013

22 janvier : Procès pour refus de fichage à Saint-Nazaire

Jeudi 18 octobre, Notre-Dame-des-Landes, troisième jour de l'opération César.

Il est 10 heures du matin. Je quitte la Vache Rit à pied en direction du bourg de NDDL. Arrivé au lieu-dit Les Ardillières, barrage de Police. Contrôle des identités. Je n'ai pas mes papiers. Je donne nom, prénom, adresse, date et lieu de naissance. Mais ça ne suffit pas aux Gendarmes envoyés spécialement de Fresnay-sur-Sarthe pour me pourrir la journée. Ils m'emmènent à la Gendarmerie de La-Chapelle-sur-Erdre pour une « vérification d'identité ». On m'installe dans un bureau avec six robocops locaux.
« Qu'est-ce qu'il a fait celui-là ?
- Il a pas ses papiers.
- Comme par hasard !
- Et il a pas non plus de téléphone, et personne ne peut l'identifier.
- Evidemment. Ça serait trop facile. »

Après m'avoir fait la morale sur l'immense danger que je courais en sortant sans mes papiers, une gentille fliquette m'annonce qu'elle va procéder à des « relevés anthropologiques » sur ma personne. Après lui avoir demandé la nature de ces relevés (en l'occurrence, prise d'empreintes digitales et photos), je l'informe de mon refus de me soumettre à ceux-ci. On dirait que les gendarmes se sont passé le mot car ils défilent les uns après les autres dans le bureau pour essayer de me faire changer d'avis, chacun usant d'une technique différente.

Un flic me montre des photos de moi à 10 ans ainsi que les PV qui vont avec. Photos et PV qui n'avaient pas été informatisés à l'époque et que les gendarmes ne sont normalement pas autorisés à conserver dans leurs fichiers après mes 18 ans. Il me dit que c'est lui qui a pris ma déposition il y a dix ans, dans un petit village normand. Quel hasard ! J'en conclue qu'il a réussi à m'identifier. Il me répond qu'il ne me reconnait pas, que les photos sont trop vieilles.

Un autre flic se connecte sur Facebook avec son compte perso et il retrouve un ancien compte m'appartenant que je pensais avoir supprimé. C'est probablement là qu'il retrouvera le nom d'un de mes anciens employeurs à qui il téléphonera le jour même pour vérifier mon identité.

Malgré tous ces éléments, les flics maintiennent qu'il n'est pas possible de m'identifier tant que je refuse de filer mes empreintes. C'est à ce moment que je comprends que la consigne « zéro arrestation » a été levée, que je suis le premier à me faire choper et que je vais leur servir de souffre-douleur.

J'aperçois la procureure de Saint-Nazaire, elle est dans les locaux. On me dit que c'est elle qui a ordonné les relevés et qu'elle vient de décider de me placer en garde-à-vue suite à mon refus. Je refuse de signer le PV, je demande un toubib et un avocat.

Je suis transféré à Nort-sur-Erdre vers midi. Pendant ce temps, à l'autre bout de la France, la Gendarmerie de mon village se pointe chez moi pour vérifier que c'est bien là que j'habite. Manque de pot, il n'y a personne et pas de nom sur la boîte aux lettres.

En garde-à-vue je n'ai (presque) rien à déclarer. Oui, non, je refuse de répondre, je veux voir un avocat. Le commis d'office arrive en fin d'aprem, on nous auditionne (grâce à mon absence de collaboration, aucune audition n'aura duré plus de cinq minutes), je refuse encore de signer et je finis tout de même par sortir, malgré les menaces des gendarmes sarthois (« si tu parles pas, on te garde 48 heures »).

Refuser de donner ses empreintes (et son ADN) est plus que jamais nécessaire face au fichage généralisé. Les flics disposent déjà de nombreux éléments pour nous identifier (Facebook, leurs propres fichiers, les anciens employeurs …), ne leur en donnons pas plus.

Si vous êtes sur Saint-Nazaire le 22 janvier 2013 et que vous ne savez pas quoi faire dans l'après-midi, je vous invite à mon premier procès au pénal, à 14 heures au TGI (rue Albert de Mun). Ça ne va pas être le procès du siècle mais un peu de soutien sera le bienvenu.

Nique le fichage et vive la ZAD.

Camille.

jeudi 13 décembre 2012

Contre la Répression, Manifestation à Nantes, samedi 15 décembre

CONTRE LA REPRESSION
OUTRAGE & REBELLION


Quand Nantes et Notre-Dame-des-Landes sont en état de siège. Quand officiellement le pouvoir annonce une commission de dialogue pour Notre-Dame-des-
Landes (à vrai dire composée exclusivement de technocrates) alors qu'au même moment, sur le terrain, le bras armé du pouvoir blesse une centaine de personnes rendant certaines borgnes, boiteuses ou sourdes.
Quand des gendarmes en civil infiltrent la défense d'une barricade dans le but de provoquer une situation d'arrestation avec de lourdes charges. Quand pour la première fois un militant anti-aéroport est
jeté en prison pour 5 mois. Quand, face aux forces de police surarmées, quelques projectiles lancés suffisent prétendre que des
personnes étaient armées (dans le jargon juridique, un caillou retrouvé dans une poche est un arme par destination) entrainant des contrôles judiciaires et des interdictions de territoire.
Quand l'État policier brandit le spectre de l'extrémisme pour tenter de diviser un mouvement ou de discriminer une partie de la population dans le but de réprimer.
Quand la police tue en toute impunité dans les quartiers pour un vol de voiture en s'appuyant sur la stigmatisation d'une partie de la population cataloguée dangereuse.
Quand la justice acquitte systématiquement les rares policiers assignés pour violence.
Quand le collectif Un toit pour tout-e-s met des gens à l'abris dans un foyer inoccupé et se fait dégager immédiatement manu-militari.
Quand les personnes de ce même collectif se font pister, ficher et intimider par la Brigade Anti Criminalité car elles logent chez elles des personnes sans-papiers menacées d'expulsion du territoire.
Quand Pôle emploi menace les chômeur-e-s de poursuites judiciaires pour «propos désobligeants» et intente un procès pour «outrage», tandis qu'au jour le jour, une violence institutionnelle s'exerce sur les individus par la privation de moyens de subsistance.
Quand l'État réprime au moyen de lois qui ne servent que celles et ceux qui les créent, quand l'État emprisonne et affirme son autorité en maintenant un état de siège,


MANIFESTATION SAMEDI 15 DECEMBRE 2012
PLACE DU BOUFFAY 16 HEURES
NANTES




samedi 8 décembre 2012

Communiqué du CODELIB Contre la répression à NDDL

Depuis le 16 octobre, début des expulsions à la zad de Notre Dame Des Landes, les forces de l'ordre se déchaînent contre les militant-e-s anti-aéroport. Le CODELIB dénonce la surenchère de la répression policière pour faire peur, pour faire mal, et la militarisation de la zone qui entraîne une restriction des libertés fondamentales : se déplacer, se ravitailler, se faire soigner, exprimer une opinion contraire au gouvernement deviennent impossibles sur la zone. Les différentes méthodes employées témoignent d'une violence accrue: harcèlement au quotidien, systématisation des procédures en cas de contrôles d'identité, refus de prises de photos et/ou prélèvements ADN, l'interdiction de séjour ou de manifester dans les communes , le fait d'empêcher l'évacuation des blessé-e-s, la peine de 5 mois fermes pour un militant , l'utilisation des grenades assourdissantes, des flash-balls en tir tendu ayant entraîné de nombreuses blessures.

Le CODELIB lutte, depuis 2009 contre l'utilisation de ces grenades et des flash-balls qui meurtrissent les chairs, mutilent. Un Nazairien y a perdu l'usage d'un pied en allant faire ses courses. L'utilisation de telles armes a été dénoncée par le rapport 2010 de la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité.

Le CODELIB demande le retrait immédiat des forces de l'ordre sur la ZAD et l'arrêt des poursuites. Nous appelons à la mobilisation pour les manifestations anti-répression-la première aura lieu le 15 décembre à Nantes- et les procès à venir :
• Vendredi 14 décembre, Nantes, 14 heures. Attroupement.
• Jeudi 20 décembre, Nantes, 14 heures. Violence ? Refus ADN.
• Jeudi 10 janvier, Nantes. Square Mercœur. Rébellion, refus Adn et refus de contrôle d'identité.
• Mardi 22 janvier, St Nazaire. Refus Adn et refus contrôle d'identité.

Nous lançons aussi un appel à témoignages à toutes celles et ceux qui ont été témoins de scènes de violences policières et de l'empêchement de l'évacuation des blessé-e-s notamment dans la forêt de Rohanne les 23 et 24 novembre. Vous pouvez contacter le CODELIB au 06 75 67 33 62 / codelibsaintnazaire@gmail.com

samedi 1 décembre 2012

Fort à faire côté répression

Depuis octobre, nombre d'entre nous sont le nez dans le guidon pour affronter la répression qui déferle sur la ZAD et contre les opposantEs au prétendu futur aéroport de Notre Dame des Landes.

La carte judiciaire de Loire Atlantique fait qu'une partie des procès d'opposantEs se déroule à Saint-Nazaire, et d'autres à Nantes.

Nous sommes bien sûr en lien avec le comité anti répression de Nantes, et les mois qui viennent s'annoncent lourds de procédures, alors que eux qui s'achèvent ont été lourds de coups et blessures...

Et ce n'est pas terminé sur ce front là, car malgré la pseudo concertation annoncée par l'Etat, le bleu marine demeure la couleur dominantes entre Vigneux De Bretagne et le Bourg de Notre Dame des Landes, et les grenades comme les peines de prison et les procès continuent à pleuvoir.

Ainsi, nous appelons à être présent au Tribunal de Saint-Nazaire mardi 4 décembre dès 10H00, pour manifester notre opposition aux destructions des bâtiments issues de la manifestation de réoccupation du 17 novembre.

Pour causer de tout ça, et des mobilisations à venir, le codelib se réunira dans la Soirée (voir la rubrique Agenda).

dimanche 19 août 2012

RASSEMBLEMENT LE 28 AOÛT AU TRIBUNAL de Saint-Nazaire

 

Répression de la lutte contre l'aéroport et son monde :

Solidarité avec tous-tes les inculpé-e-s !


Le 21 juin 2012, des opposant-e-s à l'aéroport de Notre Dame Des Landes ont tenté de bloquer le déroulement d'une enquête publique préalable à la réalisation du projet d'Aéroport Grand Ouest. Rassemblement devant la mairie, blocage des entrées par des tracteurs et des serrures collées, occupation du toit ; des centaines de personnes marquaient ainsi leur opposition à ce projet mortifère contre lequel elles luttent depuis des années.

Ces enquêtes, au même titre que les réunions et débats publics, comités de quartier ou autres gadgets, font partie de la panoplie que la “démocratie” met à la disposition des décideurs et de leurs partenaires pour donner un air participatif à tous leurs projets déjà établis. Comme le disait Coluche, «la dictature, c’est : ferme ta gueule ! La démocratie, c’est : cause toujours !». Ces moments rituels ont pour objectif d’encadrer la contestation. L’État réussit ce tour de force de détourner la colère en créant des interlocuteurs respectueux de son pouvoir, en réduisant la contestation à une opinion qu'on archive dans les cahiers d'enquête pour mieux l'oublier.

Le 21 juin dernier, comme dans d'autres moments dans cette lutte, nous voulions agir. Mais comme à chaque fois que nos opinions deviennent des actes, il y avait en face la répression. Les flics ont chargé, blessé. Ils ont isolé des individus pour les broyer dans les rouages de la machine policière et pénale. Sylvain, interpellé sur place est accusé de “violence avec arme, en l'espèce un tracteur, sur personne dépositaire de l'autorité publique”. Un mois plus tard Clément était arrêté à son domicile et inculpé lui aussi pour “violence sur personne dépositaire de l'autorité publique”, et “refus de fichage ADN”. Les deux sont accusés d' “attroupement après sommation”.

Aujourd'hui c'est Sylvain et Clément, demain, ça sera d'autres. Depuis le début de cette lutte, c'est 38 complices de notre résistance qui ont été traîné-e-s devant les tribunaux. Qu'illes soient coupables ou innocent-e-s importe peu, nous sommes solidaires de leurs actes et nous invitons une fois de plus à un...


RASSEMBLEMENT LE 28 AOÛT
à 12h devant le tribunal de Saint Nazaire
EN SOLIDARITÉ AVEC LES INCULPÉS DU 21 JUIN
ET POUR L'ARRÊT IMMÉDIAT DU PROJET D'AÉROPORT.


On ne s'étonne pas de se retrouver devant un tribunal ; on sait que s'opposer à un projet voulu par l'État entraîne forcément à un moment ou un autre de se confronter à son appareil judiciaire et répressif. On sait que si l'État et la démocratie n'arrivent pas à faire accepter leurs projets à coup de débats participatifs, d'enquêtes publiques, de propagande, de pognon, et de passivité citoyenne, ils le feront avec la force armée de la police. Parce que leur démocratie comme leur justice ne servent qu'à défendre le profit des multinationales, enfin, de leurs PDG, actionnaires et complices politiques. C'est pourquoi, le mouvement ne peut pas se limiter à ce qui est autorisé ou toléré par le système judiciaire et policier, ce qui reviendrait, au fond, à abdiquer .

Que l'on lutte contre un projet industriel dévastateur, contre la fermeture de sa boîte, ou juste pour sa simple survie dans le monde marchand, nos résistances se heurtent systématiquement à la répression. Parce qu'il faut un code pénal impitoyable, un fichage systématique, des flics serviles, haineux et violents, des prisons toujours plus nombreuses, pour que nos opinions ne restent que des idées, pour que nos convictions ne restent que des postures, pour que nos rêves ne soient jamais réalité...

Nous sommes solidaires parce que pour bloquer le projet d'aéroport et combattre ce système, nous savons qu'il est nécessaire d'agir, et donc de désobéir.
Nous appelons à poursuivre la lutte,
à ne pas se laisser diviser ni intimider !

Parce qu'avec ou sans sommation,
nous ne quitterons pas ce bocage !

Rendez-vous COVOITURAGE le 28 août à 11h: Place de la Poste à NDDL et arrêt Beauséjour à Nantes

lundi 11 juin 2012

Contre la "flichiatrie" le 22 juin à 14h au tribunal de grande instance de Saint Nazaire


Contre la "flichiatrie"
le 22 juin à 14h au tribunal de grande instance de Saint Nazaire


En février 2012 , à Guémené Penfao, Hugues L. aide des sans-logis à occuper un logement voisin appartenant à son propriétaire. Celui-ci, accompagné d'un gros bras, débarque chez Hugues L. en représailles : Hugues L. aura un jour d'ITT suite aux coups. Pour se défendre, il les menace avec un marteau et une bombe lacrymo.
Suite à ça, le maire de Guémené et le Préfet de Loire-Atlantique ordonnent une ASPDRE (Admission en Soins Psychiatriques Demandée par un Représentant de l'Etat) pour Hugues, qui est donc enfermé à l'hôpital de Blain pendant 2 semaines.

L'utilisation de la psychiatrie comme outil de répression

Cette procédure provient de la loi du 5 juillet 2011, qui facilite les « soins » psychiatriques sans consentement. Une « garde à vue » psychiatrique de 72h est mise en place, ne nécessitant pas d'expertise psychiatrique puisqu'un simple certificat médical peut suffire. Un « casier psychiatrique » retraçant les antécédents permet de justifier de la « dangerosité » des personnes et de les maintenir en hospitalisation plus facilement. La création de la notion de « soins sans consentement », en plus de l'hospitalisation sans consentement, permet d'élargir le contrôle psychiatrique.
D'autres cas d'application de cette hospitalisation psychiatrique facilitée ont été dénoncés. Un écologiste qui contestait une décision municipale à Loupian (Hérault) et s'était enchaîné en protestation aux grilles de la mairie a été interné à l'isolement pendant 10 jours, en mars 2012, à la demande du maire. Une femme qui réagissait à l'immobilisation brutale d'un patient à l'hôpital de Valence, en avril 2012, a été internée 3 semaines sans droit de visite. Il y a une augmentation fulgurante de l'utilisation de cette nouvelle loi, avec 30000 saisines en 6 mois.

La psychiatrie est utilisée ici comme un instrument de répression de la contestation. 

Les troubles diagnostiqués par le médecin ayant suivi Hugues L. (« fausseté du jugement », « psychorigidité », « idéalisme passionné »). Il s'agit simplement d'un point de vue entrant en contradiction avec l'ordre établi, qui relève plus d'une position politique que de « troubles pathologiques ».
En conflit avec son propriétaire, Hugues L. a été interné comme il aurait pû être arrêté par la police et placé en garde-à-vue.
Hugues L. a été interné alors que son propriétaire, qui débarquait chez lui pour le frapper, n'a pas été inquiété. On voit ici un parfait exemple de répression qui protège les intérêts de ceux qui possèdent et ceux qui ont le pouvoir. Ce qui est reproché à Hugues est d'avoir aidé des gens à la rue à occuper un logement laissé à l'abandon. Par ce geste, Hugues se retrouve confronté à son propriétaire qui vient le frapper, au maire de sa commune, soutenu par le préfet, qui le font interner, à la justice qui le poursuit pour « dégradation de porte » et « violence ».

Soyons toutes et tous le 22 juin à 14h au tribunal de grande instance de Saint Nazaire pour le soutenir !

samedi 12 mai 2012

Appel urgent à la solidarité : il faut soutenir les 4 de Tours !




Appel urgent à la solidarité : il faut soutenir les "4 de Tours" !
Appel urgent à la solidarité : il faut soutenir les "4 de Tours" !
http://retraitbaseeleves.wordpress.com/2012/05/11/urgent-solidarite-4-de-tours/

Depuis bientôt deux ans maintenant, le CNRBE soutient 4 militants de Tours accusés d'avoir diffamé publiquement l'administration préfectorale. Ils sont poursuivis par Brice Hortefeux, ministre de l'intérieur de l'époque. (voir notamment notre page Indre et Loire <http://retraitbaseeleves.wordpress.com/indre-et-loire/> ). Dans un communiqué intitulé « Les Baleiniers », ces militants avaient alerté l'opinion sur l'utilisation possible du fichier Base-élèves par l'administration, pour repérer et expulser les familles sans-papiers, en comparant ces méthodes à celles utilisées sous Vichy.

Aujourd'hui, leur comité de soutien lance un appel pressant à la solidarité <http://baleiniers.org/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=169:appel-aux-signataires-de-la-petition-l-relaxe-des-4-de-tours-r-communique-du-comite-de-soutien-du-30-avril-2012&amp;catid=12:elles-et-ils-nous-soutiennent&amp;Itemid=14> . En effet, après un nouvel arrêt de la Cour d'appel d'Orléans du 10 avril 2012 en leur défaveur, les trois militants condamnés (le 4ème avait été relaxé en première instance) doivent s'acquitter non seulement des frais de justice engagés (360 euros) mais aussi de 900 euros de dommages et intérêts et de 6000 euros dus à la partie civile (le ministère de l'intérieur) comme décidé par la Cour d'appel d'Orléans au motif inique que la procédure fut « longue et difficile ». On rappellera que le procès avait été reporté 3 fois pour d'obscures raisons.Les trois militants condamnés se sont aujourd'hui pourvus en Cassation. Mais ainsi que l'explique leur comité de soutien, « un pourvoi en Cassation n'est pas suspensif. Il faut donc payer, même s'ils voient dans les peines prononcées une forme de racket dont le but est évidemment de toucher les militants au porte-monnaie, et d'entamer leur détermination à poursuivre leur combat contre l'arbitraire du pouvoir. » D'où cet appel urgent à la solidarité.

Deux types de dons sont proposés :

  • des dons consistant à faire un chèque d'un montant qui peut être très modique (2 ou 3 euros) à l'ordre de « Agent judiciaire du Trésor ». Ces chèques doivent être envoyés à Solidaires 37, La Camusière, Maison des syndicats, 18 rue de l'Oiselet, 37550 SAINT-AVERTIN. Une fois la somme atteinte, les 3 militants condamnés déposeront cette multitude de chèques entre les mains de la partie civile, avec ce message : « des milliers de personnes solidaires partagent la responsabilité politique des actes qui sont reprochés à trois militants ».
  • des dons plus "classiques" par chèque à l'ordre de « Solidaires 37», à envoyer à la même adresse : Solidaires 37, La Camusière, Maison des syndicats, 18 rue de l'Oiselet, 37550 SAINT-AVERTIN. Ces dons seront ensuite répartis selon les besoins.

Le Comité de soutien aux 4 de Tours adresse cet appel notamment aux signataires de la pétition « Relaxe des 4 de Tours ! » <http://baleiniers.org/index.php?option=com_wrapper&amp;view=wrapper&amp;Itemid=9> . Il remercie également par avance de faire circuler largement cette information dans vos réseaux, et de la mettre en ligne si vous disposez d'un site ou d'un blog.

Comité de soutien aux 4 de Tours
Mail : contact(at)baleiniers.org
Plus d'informations ici: http://baleiniers.org

Le Collectif National de Résistance à Base Elèves (CNRBE), le 11 mai 2012
http://retraitbaseeleves.wordpress.com/
base-eleves@orange.fr



jeudi 3 mai 2012

Samedi 5 mai à Nantes: contre toutes les répressions








A Nantes comme ailleurs...

En novembre 2007, un policier cagoulé et casqué, en armure, protégé derrière une grille,
expérimentait sa nouvelle arme (un Lanceur de Balle) en ajustant son tir dans l’œil d'un lycéen lors d'une manifestation. Le 3 avril 2012, la Justice, par la voix du tribunal de Nantes prononçait la relaxe de Mathieu Léglise, le policier, tireur récidiviste. Une nouvelle fois, la Justice donne carte blanche à toutes les polices pour mutiler en toute sérénité, se fait complice d'un crime.
Et cette mutilation n'est malheureusement qu'un exemple de la toute puissance, des abus quotidiens et de la violence de la police locale, de Nantes à Saint-Nazaire.
Pendant ce temps, sur la ZAD (« Zone A Défendre », prévue pour la construction d'un nouvel aéroport nuisible à côté de Nantes), la police quadrille les lieux de façon militaire, terrorise les habitants, harcèle les opposants.

Contre toutes les répressions 
Le « maintien de l'Ordre » à la française est une référence pour les polices mondiales, mais le problème est international : la police mutile et crève les yeux à coups de balles en caoutchouc de Barcelone à Montreuil en passant par la Place Tahrir, en Egypte. La police tue : Carlo Giuliani en Italie, Alexis Grigoropoulos en Grèce, Zyed et Bouna ou Hakim Ajimi en France... Alors que les riches font payer leur Crise aux peuples, partout la répression s'amplifie. Toutes les polices du monde s'uniformisent et se militarisent, occupent les rues, répriment ceux qui résistent, dans une surenchère d'innovations sécuritaires : flashball, drône, taser, vidéo-surveillance, fichage ADN... Alors même que la Justice est aux Ordres et que l'arsenal législatif se durcit. Les pouvoirs font la guerre aux pauvres.

Préparons les lendemains d'élections 
Tous les 5 ans, avant chaque épisode électoral, le discours policier relayé par les médias et les politiciens est amplifié. Dans une atmosphère de propagande sécuritaire et xénophobe, de désignation d'ennemis intérieurs. Il faut faire peur : hier de la menace anarcho-autonome, aujourd'hui du terroriste musulman, et demain ?
Pas de justice, pas de paix ! Liberté pour toutes et tous ! Nous vous invitons, à la veille du scrutin, à venir crier vos colères, manifester, occuper la rue, discuter, résister ensemble .


Manifestation contre toutes les répressions
Samedi 5 Mai 2012 - 16h. Place Royale -  Nantes

 
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